La firme Multivesco souhaite construire un immeuble de 20 étages sur la rue Montcalm.

Le fédéral dit n’avoir aucun plan dans le centre-ville de Gatineau

La firme Multivesco fait miroiter l’arrivée d’un premier centre de recherche fédéral dans le centre-ville de Gatineau si le conseil municipal donne son aval, à la fin de l’été, à la construction d’un immeuble de 20 étages sur la rue Montcalm. Le Droit a appris que le gouvernement fédéral n’a cependant aucune demande en ce sens à l’heure actuelle.

Services publics et Approvisionnement Canada affirme « être au courant du projet d’immeuble fédéral mené par Multivesco pour le 50, rue Montcalm », mais précise officiellement que « celui-ci ne découle pas d’une expression d’intérêt ou d’une demande de proposition du gouvernement du Canada, ni d’un contrat de location ». Le gouvernement fédéral « ne planifie pas occuper les locaux de l’édifice Multivesco situé au 50, rue Montcalm, et n’a pas de besoin particulier pour cette propriété », ajoute une porte-parole gouvernementale.

Bien des acteurs du milieu du développement économique s’entendent toutefois pour dire qu’il ne s’agirait que d’une question de temps avant que le gouvernement fédéral fasse connaître ses intentions dans ce dossier.

Le conseiller municipal et président de la commission de développement économique de la Ville de Gatineau, Jean-François LeBlanc, affirme que le député fédéral de Gatineau, Steven MacKinnon, est impliqué dans le dossier et que des efforts concertés sont présentement en cours pour attirer un immeuble fédéral d’importance dans le centre-ville de Gatineau.

« On fait du travail avec le député MacKinnon pour attirer dans le centre-ville un centre de recherche fédéral, a affirmé M. LeBlanc. Je le croise régulièrement et je sais qu’il travaille fort pour attirer ce centre de recherche à Gatineau. » Le conseiller LeBlanc ajoute qu’il pourrait aussi s’agir de bureaux temporaires pouvant accueillir des milliers de fonctionnaires. « Je ne sais pas exactement, dit-il, mais je préférerais un centre de recherche. »


«  Dans le monde des affaires, il ne faut pas que les informations soient rendues publiques trop vite par les médias parce que ça provoque des problèmes ensuite.  »
Jean-François LeBlanc

Le député MacKinnon a refusé toutes nos demandes d’entrevues à ce sujet depuis deux semaines. La firme Multivesco n’a retourné aucun de nos appels depuis la publication dans Le Droit de l’existence de ce projet. « Dans le monde des affaires, il ne faut pas que les informations soient rendues publiques trop vite par les médias parce que ça provoque des problèmes ensuite, a pris soin de mentionner M. LeBlanc. Il n’y a peut-être pas encore de demande officielle pour des espaces, mais ça s’en vient. »

Multivesco n’est par ailleurs pas le seul promoteur aux aguets. Le vice-président aux opérations et au développement du Groupe Heafey, Charles Masse, mentionne que sa firme a elle aussi l’intention de soumettre un projet au gouvernement fédéral lorsque ce dernier fera connaître ses besoins. Il entend faire une demande au service de l’urbanisme afin de pouvoir accueillir un immeuble de bureaux sur ses terrains situés à un jet de pierre des Terrasses de la Chaudière.

« Il s’agissait des phases IV et V du projet résidentiel WE, note M. Masse. Avec la force d’attraction provoquée par Zibi actuellement, le marché résidentiel n’est plus le même pour nous dans le centre-ville. Nous pourrions très bien utiliser ces terrains pour des bureaux fédéraux. »

La directrice du secrétariat au développement économique de la Ville de Gatineau, Isabelle Veilleux, a pour sa part indiqué que la possibilité pour Gatineau d’attirer un centre de recherche a « déjà été évoquée », mais elle assure n’avoir aucun détail à ce sujet. « J’en ai entendu parler, mais je ne suis pas personnellement impliqué dans ce dossier, a-t-elle affirmé. Est-ce que ça pourrait devenir une priorité pour la Ville de travailler avec le fédéral dans ce dossier-là ? Il faudra voir. »

Selon nos informations, qui n’ont pu être confirmées, le gouvernement fédéral serait bientôt en demande pour deux espaces à bureaux de 300 000 pi2 chacun. La possibilité de regrouper la plupart des centres de recherche fédéraux dans le coeur de la capitale fédérale serait à l’étude. Certains espaces de recherche approcheraient la fin de vie utile, ce qui nécessiterait le transfert de fonctionnaires et de chercheurs dans de nouveaux immeubles.

Le président de In-Sec-M et fondateur de Blue Bear, Antoine Normand, est vivement impliqué dans le domaine de la cybersécurité. Il rappelle que le gouvernement fédéral s’apprête à faire d’immenses investissements pour améliorer la sécurité numérique du pays. « Je n’ai aucun contact officiel au gouvernement fédéral qui me parle d’installer un centre de recherche à Gatineau, dit-il. Mais la possibilité d’avoir ce type d’emplois dans le centre-ville est extrêmement intéressante. »