La conseillère et présidente de la commission de l’habitation de la Ville de Gatineau, Maude Marquis-Bissonnette.

Le faible taux d’inoccupation nuit à un programme d’urgence

Le taux d’inoccupation du marché locatif est à ce point critique en ce moment à Gatineau qu’il nuirait à l’efficacité même de certaines mesures d’urgence comme le Programme de supplément au loyer (PSL), laisse entendre la conseillère municipale et présidente de la commission de l’habitation, Maude Marquis-Bissonnette.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin et la conseillère se sont dits touchés et interpellés par la dizaine de témoignages, mardi, de locataires désemparés devant les difficultés rencontrées dans la recherche d’un logement pour eux et leur famille. Ils rappellent cependant que le conseil est bien au fait de la situation. Avec un taux d’inoccupation de 1,2 %, le pire au Québec, les problèmes de logement à Gatineau ne peuvent pas être ignorés.

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Le maire Pedneaud-Jobin a d’ailleurs fait des représentations auprès de la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation du Québec, Andrée Laforest, plus tôt cet hiver, afin que Québec déploie un plan d’urgence adapté aux besoins de Gatineau. Le maire demande aussi que des sommes soient rapidement versées pour construire des logements abordables. « Il y a beaucoup d’argent quelque part entre Ottawa et Québec et il faut que cet argent-là arrive sur le terrain. » Le Droit a appris qu’un plan d’action précis doit être déposé par le maire à Québec, d’ici la fin du mois de mai. La balle serait alors dans le camp du gouvernement du Québec.

Choisir ses locataires

Le coordonnateur de Logemen’occupe, François Roy, répète depuis des mois que Québec doit augmenter les sommes disponibles au PSL pour Gatineau. Ce programme permet de financer des logements abordables directement dans le marché privé. Cela nécessite une entente bipartite entre l’Office d’habitation de l’Outaouais (OHO) et un propriétaire privé. Le défi actuellement, précise Mme Marquis-Bissonnette, c’est que le taux d’inoccupation.

« C’est de plus en plus difficile de trouver des unités de logement et des propriétaires avec qui signer des ententes pour le PSL, explique la conseillère. Quand il y a peu de logements disponibles, les propriétaires ont le beau jeu de choisir leurs locataires. »

Les logements communautaires qui offrent un toit de manière permanente à des locataires, mais aussi du soutien et de l’aide, débordent. Cela force l’utilisation du PSL pour loger des clientèles parfois multiproblématiques. « Les propriétaires du privé sont peu enclins à faire des ententes avec certaines clientèles pour le PSL. » Mme Marquis-Bissonnette précise que l’OHO aurait les moyens actuellement de loger trois ou quatre ménages avec ce qui reste de l’enveloppe du PSL, mais que cet argent n’est pas utilisé pour l’instant.

« Ce que ça nous prend réellement ce sont des logements avec du soutien communautaire et des unités de logements abordables, note la conseillère. Mais ça, ça prend plus de temps. À court terme, ce qu’on veut mettre en place, c’est plus de PSL et travailler avec les propriétaires privés pour en venir à des ententes. On tente aussi de coordonner les services à donner à une clientèle plus vulnérable qui serait logée à l’aide du PSL. »