Le conseiller Mike Duggan

Le «défi» des extrémités

Que ce soit à Masson-Angers ou à Aylmer, le développement d'un sentiment d'appartenance à la nouvelle Ville de Gatineau relèvera du « défi » pour encore plusieurs années, affirment les conseillers Marc Carrière et Mike Duggan.
Les conclusions de la thèse de maîtrise en géographie de l'universitaire Louis-Philippe Morin concernant l'adhésion à Gatineau dans les extrémités de la ville depuis la fusion municipale de 2002 n'ont rien de surprenantes pour le conseiller de Masson-Angers. 
« C'est tout un défi dans mon secteur, admet M. Carrière. Masson-Angers était une ville riche avant la fusion. Les services municipaux étaient impeccables. Les infrastructures étaient de qualité. Maintenant qu'on a centralisé les services, c'est plus difficile. Il y a eu une normalisation. Ce n'est plus la même chose. C'est plus à l'image d'une grande ville. C'est certain que Masson-Angers a perdu de la qualité de service par rapport à ce que l'ancienne ville offrait à ses résidents. Il y a eu du nivellement. »
M. Carrière croit qu'un pas en avant pourrait être fait dans Masson-Angers en faisant plus d'effort pour revitaliser le secteur. 
Le son de cloche est sensiblement le même à Aylmer. Le conseiller Mike Duggan reconnaît qu'une tranche importante de la population de l'endroit n'a toujours pas digéré la fusion forcée avec Gatineau.
« On ne peut pas créer un sentiment d'appartenance à une nouvelle communauté du jour au lendemain, note le conseiller. Ça va prendre quelques générations. À Aylmer, il y a une culture du sens de la communauté qui est très fort. »
M. Duggan ajoute que l'administration municipale doit aussi se remettre en question et se questionner à savoir pourquoi elle n'arrive pas à faire adhérer la population d'Aylmer à la nouvelle Ville de Gatineau. 
« Les extrémités de la Ville ont l'impression qu'elles contribuent beaucoup plus qu'elles ne reçoivent. La Ville est trop concentrée sur son centre. On ne peut pas forcer une population à adhérer à quelque chose, mais il y a des efforts qui doivent être faits. Les citoyens voient leur compte de taxes foncières augmenter, mais les projets ne se réalisent pas dans le secteur. Il y avait de l'argent pour la bibliothèque Lucy-Farris et pour construire un nouveau pavillon au parc des Cèdres, et rien n'a été fait durant le présent mandat. C'est malsain et ça encourage les gens à demeurer négatifs. »