Michel Papineau participera à une journée d’échanges sur les inondations avec le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, et le ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire, Martin Coiteux.

Le dédale d'un sinistré

Mardi, le ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire, Martin Coiteux, présidera à Québec une journée d’échanges avec les différents acteurs impliqués dans les inondations du printemps dernier.

Maires, préfets et sinistrés s’assoiront à une même table pour « faire le bilan de ces événements et porter un regard collectif sur des pistes d’amélioration pour l’avenir », annonce le ministère de la Sécurité publique.

En avril et mai derniers, 291 municipalités étaient foudroyées par des crues aussi inattendues et que sévères. Plus de 5 300 résidences principales ont été inondées au Québec et plus de 4 000 personnes étaient évacuées de leur domicile. Gatineau fut l’une des municipalités les plus affectées par ce désastre.

Mardi, le maire Maxime Pedneaud-Jobin et un sinistré de Gatineau seront à la même table que le ministre et le sous-ministre pour faire le point sur la situation. Le Droit s’est entretenu avec ce citoyen qui parlera au nom de tous les autres, Michel Papineau, un fonctionnaire fédéral à la retraite de Gatineau.

Un cercle vicieux

Après des mois de tergiversations bureaucratiques, d’attente, d’espoirs déçus et de dépenses financières imprévues, M. Papineau est amer et n’attend pas grand-chose de cet exercice dont il reconnaît cependant les bonnes intentions. « S’il n’y a pas de sinistré qui y va, tu n’as pas de voix ; tu as beau chialer... Si tu ne fais pas les représentations qu’il faut aux autorités, il n’y a rien qui se passe. »

C’est que M. Papineau est aigri.

« Les gens sont épuisés, moralement, physiquement, émotivement, financièrement. C’est dur ; je te le dis, c’est très dur. [...] J’ai encore de la misère à tenir la tête au-dessus de l’eau. C’est très pénible. Tous les gens qui ont moins de compétences, moins de résilience, ils tombent, ils tombent de tous les bords. Le processus est très long, trop long. C’est inimaginable. »

Plusieurs Gatinois subissent encore les conséquences des inondations du printemps dernier.
La rue Saint-François Xavier avait été particulièrement touchée par les inondations printanières.

Selon M. Papineau, une vingtaine de résidents de Gatineau n’ont toujours pas reçu le rapport d’inspection de juin, un document d’à peine trois pages, dit-il.

« Tu veux faire immuniser ta maison ? La Ville dit que c’est le Ministère, le Ministère dit que c’est la Ville. À qui je parle d’abord ? [...] Les rôles ne sont pas clarifiés. C’est long. Tu essaies de joindre un agent là-bas (à Québec), ben, bonne chance mon cher. Appelle, pis appelle... Peut-être que dans deux semaines, ils vont te retourner un appel », raconte M. Papineau. 

« Un dédale épouvantable. C’est comme si tu te battais contre un mur. » 

Et la paperasse...

« Ils vont te faire une avance... Tu ne sais pas sur quoi l’avance est faite. Tu ne sais pas ce qu’ils ont payé, tu ne sais pas ce qu’ils n’ont pas payé. »

Une lueur d’espoir

Mais malgré toutes les frustrations et même si M. Papineau estime qu’il en a pour encore un an à essayer de se dépatouiller, il croit voir à l’horizon une lueur d’espoir.

« On essaie de faire quelque chose pour les aider (les sinistrés). [...] On essaie d’accélérer le processus. [...] Il y a quelqu’un qui a pris le bâton et on s’en va se battre pour vous autres », annonce-t-il à ses voisins et concitoyens sinistrés.

M. Papineau avoue que les instances politiques sont quand même à l’écoute. Québec a finalement modifié les critères encadrant la reconstruction des maisons et l’indemnisation des victimes des inondations, en assouplissant notamment son décret. Dix-sept consultations publiques se sont tenues dans 15 régions du Québec. Des actions qui prouvent, croit-il, que les intentions sont là.

« Le ministre (Coiteux) a quand même le courage de ne pas se cacher, il y a au moins ça qui est encourageant ».