Benoît Delage, directeur général du CREDDO

Le CREDDO veut l’imposition de stationnements plus verts

Le Conseil régional de l’environnement et du développement durable de l’Outaouais (CREDDO) vient de mettre les stationnements publics, privés et institutionnels de Gatineau et de toute la région dans sa ligne de mire. L’organisme estime qu’il est plus que temps que ces espaces soient aménagés de manière écoresponsable.

En collaboration avec le Conseil régional environnement Montréal, le CREDDO a développé un guide de mise en oeuvre qui renferme une trentaine d’outils réglementaires qui permettraient de faire de ces espaces qui ressemble parfois à une mer d’asphalte un endroit plus vert.

« Le stationnement est une fatalité, note le directeur général du CREDDO, Benoît Delage. En Amérique du Nord, on compte cinq places de stationnement par véhicule. Il y a une surcapacité et ça amène des problématiques environnementales évidentes quant à la gestion de l’eau et des îlots de chaleur. Pour une ville, un stationnement c’est d’abord une perte de revenus. C’est un obstacle à la densification, mais c’est aussi un des leviers importants dont disposent les municipalités pour changer des comportements et l’aménagement de leur territoire. Ça peut même se faire rapidement. »

M. Delage explique que les outils sont variés. Il n’est pas nécessaire de tous les appliquer pour qu’un stationnement devienne écoresponsable.

Ils vont, entre autres, de l’augmentation de la couverture végétale au-dessus du stationnement à l’aménagement de petits bassins de rétention d’eau pour mieux gérer les eaux de pluie, en passant par l’installation de bornes de recharge électrique et l’aménagement d’infrastructures piétonnières.

Le CREDDO souhaite ainsi voir la Ville de Gatineau intégrer de nouvelles pratiques d’aménagement dans sa stratégie d’adaptation aux changements climatiques, actuellement en cours de préparation, et de se servir de l’exercice de concordance du schéma d’aménagement, aussi présentement en cours, pour les enchâsser dans la réglementation municipale.

M. Delage rappelle que la gestion de l’eau de pluie s’est imposée comme un enjeu important dans les dernières années.

Il reconnaît qu’un stationnement écoresponsable représente des coûts supérieurs à un stationnement conventionnel, « mais on n’a plus le choix, on est rendu-là », dit-il.

Des représentations doivent prochainement être faites auprès du conseil municipal et du comité consultatif de l’urbanisme.

« C’est une bonne idée, mais s’il n’y a pas d’obligation, ça va rester une bonne idée qui n’arrivera à rien concrètement », affirme M. Delage.