Le président du CREDDO, Marc Bureau, son directeur général, Benoit Delage, et le directeur général de Vivre en Ville, Christian Savard, durant leur conférence de presse sur le projet du sixième pont liant l'est de Gatineau et d'Ottawa.

Le CREDDO s’oppose au pont de l’île Kettle

Relancer le processus pour la construction d’un 6e pont à l’est tel que le prévoit le dernier budget fédéral est « contraire aux priorités » en matière de mobilité dans la région, estime le Conseil régional de l’environnement et du développement durable de l’Outaouais (CREDDO).

« Commençons par prolonger le transport en commun vers l’ouest de Gatineau […] et profitons de la construction éventuelle du pont Alexandra pour arrimer le train léger d’Ottawa à celui du futur train de Gatineau », a plaidé le président de l’organisme et ancien maire de Gatineau, Marc Bureau, mardi matin. 

Le CREDDO et l’organisme Vivre en ville haussent le ton devant la volonté énoncée par le fédéral. « Ce n’est pas une priorité locale dans le contexte de l’urgence climatique actuelle et où la jeunesse nous demande d’agir », a lancé le directeur général du CREDDO, Benoît Delage. Ce dernier associe ce projet de 6e lien à une vision « individuelle qui veut conforter les citoyens dans leurs voitures ». 

Le député fédéral de Gatineau, Steven MacKinnon, n’a pas tardé à réagir à la sortie commune des deux groupes environnementaux. 

« Notre gouvernement agira toujours en faveur d’un meilleur environnement, a-t-il indiqué. C’est pour cela qu’il reconnaît que nos besoins en transport incluent l’ajout d’un 6e lien, un lien qui a déjà fait l’objet d’une étude environnementale exhaustive. Un tel développement diminuera les émissions de GES le long de nos autoroutes et nos rues principales, tout en ouvrant de multiples trajets qui favorisent le transport en commun. »

M. Delage soutient plutôt que les études qui ont été mises sur les tablettes en 2013 après le désistement du gouvernement de l’Ontario et de la Ville d’Ottawa font abstraction de l’impact qu’un pont supplémentaire à l’île Kettle aurait sur les déplacements dans la région. 

« Un nouvel axe de transit modifie notre utilisation du territoire, avec de nouvelles zones résidentielles, de nouveaux centres commerciaux et donc de nouveaux déplacements. » Selon lui, cet élément primordial est absent des études de 2013. « Avec une étude de circulation induite, nous aurions une meilleure idée de l’impact d’un futur pont », dit-il. 

L’ex-maire Bureau ajoute que bien de l’eau a coulé sous les ponts depuis l’abandon du projet de pont en 2013. 

Depuis ce temps, rappelle-t-il, Ottawa a fait le choix du train léger, une infrastructure dans laquelle des milliards de dollars sont investis. Il précise que Gatineau a fait le même choix pour désengorger l’ouest de la ville, un secteur marqué par la croissance démographique.