La construction de logements locatifs bat des records à Gatineau, mais rien n’est fait pour améliorer l’accès au logement abordable.
La construction de logements locatifs bat des records à Gatineau, mais rien n’est fait pour améliorer l’accès au logement abordable.

Le coût des logements explose à Gatineau

Le coût moyen des logements à louer est en forte hausse dans la région de la capitale fédérale en raison de la demande croissante du marché locatif, selon le rapport annuel de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL)

Le coût moyen des logements locatifs a progressé de 8,4 % à Ottawa et de 4,5 % à Gatineau entre octobre 2018 et octobre 2019. Pour Gatineau, il s’agit de sa plus forte croissance en plus de 15 ans. C’est d’ailleurs à Gatineau que l’on retrouve la plus forte hausse du prix des loyers dans la province.

« Le marché est plutôt serré depuis deux ou trois ans. Ça vient mettre une pression à la hausse sur les prix », a souligné au Droit l’économiste à la SCHL, Lukas Jasmin-Tucci.

Le taux d’inoccupation du marché locatif, qui était en baisse au court des dernières années, est quant à lui demeuré relativement stable en 2019, selon le rapport de la SCHL. Le taux d’inoccupation s’échelonne à 1,5 % sur le territoire gatinois, en hausse de 0,3 % par rapport à l’exercice de 2018.

« Le taux d’inoccupation ne dit pas tout, il faut regarder au niveau de l’offre et de la demande », lance M. Jasmin-Tucci. « On a une demande qui est très forte, ce qui vient mettre de la pression sur le taux d’inoccupation. On a aussi une offre qui est en très forte croissance. L’offre n’est tout simplement pas suffisante pour satisfaire les besoins du marché locatif. »

L’économiste souligne que le vigoureux marché de l’emploi à Gatineau est une des causes qui font gonfler la demande du marché locatif. « Ce qui explique que la demande est si forte en ce moment, c’est l’économie gatinoise qui continue de croître. Cela va attirer des travailleurs vers la région. On voit un bilan migratoire important qui fait en sorte que ces gens-là vont se retrouver sur le marché locatif et ça vient gonfler la demande. »

Niveaux historiques de construction

M. Jasmin-Tucci indique par ailleurs que la Ville de Gatineau vit présentement des « niveaux historiques de construction de nouveaux logements locatifs ».

Un appartement de deux chambres se loue au prix moyen de 847 $, ce qui représente le coût moyen le plus élevé au Québec. Les logements les plus élevés se trouvent à Aylmer (1 031 $) en raison de la forte présence de construction récente dans ce secteur de la ville.

M. Jasmin-Tucci explique que beaucoup de constructions ont été achevées et se sont ajoutées à l’univers locatif au cours de la dernière année, mais qu’il y a encore beaucoup de logements en construction en ce moment. « On a une offre qui s’ajoute et qui est en pleine croissance. Cette croissance-là va se poursuivre en 2020. »

Résultat de cette croissance, la SCHL prévoit une faible détente du taux d’inoccupation au cours des prochaines années.

Le taux d’inoccupation dans les immeubles de construction récente (après 2005) reste faible, s’échelonnant à 0,3 %, et ce, même si le prix des loyers est beaucoup plus élevé.

« Le taux d’inoccupation pour les constructions récentes reste faible, malgré le fait qu’il y ait des loyers qui soient plus élevés dans ce type de logement. Il y a vraiment une forte demande pour les logements récents, ce qui va faire que les constructeurs vont continuer d’ajouter des logements parce qu’ils voient que ça part rapidement. »

Selon le rapport de la SCHL ce sont 1200 logements destinés au marché locatif qui ont été construits l’année dernière.