Le ministère de l’Environnement a contredit le conseiller Jean-François LeBlanc concernant l’aménagement d’un quai sur la rivière des Outaouais.

Le conseiller LeBlanc a tronqué la vérité

Le conseiller municipal gatinois Jean-François LeBlanc a tronqué la vérité à plusieurs reprises, la semaine dernière, en affirmant publiquement avoir les autorisations nécessaires pour aménager légalement un quai usagé à proximité de la marina Kitchissipi, sur la rivière des Outaouais.

Le ministère de l’Environnement du Québec confirme que M. LeBlanc n’a pas acheminé,comme demandé, les plans exigés pour l’analyse de son projet avant le 3 octobre dernier. Il s’agit du jour même où l’élu municipal a été interpellé par Le Droit concernant son installation de fortune faite à partir d’anciennes sections de quai entreposées sur l’Île Kettle. Le ministère confirme aussi que l’élu gatinois aurait dû détenir un certificat d’autorisation environnementale pour installer son quai. 

Or, le quai de M. LeBlanc, situé à cheval sur la propriété municipale et celle de la Commission de la capitale nationale (CCN), avait été installé quelques semaines auparavant. Amateur de nautisme, le conseiller du district Lac-Beauchamp, à son retour de vacances, cet été, a lui-même rapporté et attaché ces bouts de quais au fond de l’eau, près de la descente municipale de bateaux du parc Sanscartier. Malgré une stabilité très incertaine de l’infrastructure, des plaisanciers avaient commencé à l’utiliser.

Malgré une stabilité très incertaine de l’infrastructure, des plaisanciers avaient commencé à l’utiliser.

Le ministère de l’Environnement du Québec précise, dans un courriel, qu’une vérification interne et une inspection ont été menées par des fonctionnaires à la suite des informations publiées dans le journal. 

« Ma parole ne vaut rien ? »

Pendant que le ministère faisait les vérifications d’usage pour s’assurer de la légalité de l’installation de M. LeBlanc, ce dernier ne minimisait pas les efforts sur les réseaux sociaux pour remettre en question le travail du journaliste du Droit, directement auprès de citoyens. Il a faussement affirmé, à plusieurs reprises, qu’il s’était assuré que tout était en règle.  

Il a écrit une dizaine de messages dans les heures suivant la publication de l’article, dont certains ne laissent aucun doute. « J’avais l’autorisation, j’ai vérifié avec le ministère de l’Environnement et j’avais informé le journaliste ». « Ils ont les plans et les photos. » « C’est faux, j’avais l’autorisation ». « Si je n’aurais (sic) pas eu la permission, on s’entend que j’aurais reçu un avis. » « C’est quoi, ma parole ne vaut rien ? Je n’ai même pas le bénéfice du doute ? La preuve, c’est que le quai est encore là et qu’il reviendra l’an prochain. »

Le ministère pourrait sévir

Le ministère de l’Environnement du Québec a confirmé au Droit, que M. LeBlanc n’avait aucune certification environnementale pour installer son quai. Ce dernier a d’ailleurs été avisé officiellement, en début de semaine, que son infrastructure va nécessiter l’obtention d’un certificat d’autorisation environnementale en vertu de la Loi sur la qualité de l’environnement. « En fonction des constats de l’inspection, le ministère s’affaire à évaluer les suites qui seront données dans ce dossier. » 

Le cabinet du maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, n’a pas voulu émettre de commentaire à ce sujet. Le conseiller LeBlanc n’a plus donné aucun signe de vie lorsqu’interpellé par Le Droit, jeudi, sur ces nouveaux éléments dans le dossier. Le Code d’éthique des élus municipaux de la Ville de Gatineau stipule que « tout membre du conseil municipal valorise la transparence, l’honnêteté, la franchise, la rigueur et la justice ». Il y est aussi précisé que « tout membre du conseil municipal doit, en tout temps, agir, dans le respect de ses devoirs, avec honnêteté, loyauté, prudence, diligence, efficacité, assiduité et équité, dans un objectif constant d’éviter le favoritisme, la malversation, les abus de confiance ou autres inconduites ».