André Bonneau prend sa retraite avec une carrière de 47 ans.

Le chef des pompiers Bonneau prend sa retraite

André Bonneau vient de remettre la clé de son bureau de grand patron du Service de sécurité incendie de Gatineau (SSIG). Après 47 ans de carrière, dont 14 à titre de directeur du SSIG, le nouveau retraité de 65 ans a vu le travail de pompier transcender l’unique fonction de combattre un brasier.

Les pompiers sont devenus plus que des sapeurs, observe-t-il. « On s’est même demandé, lors de rassemblements de chefs pompiers, si on devait justement modifier le terme ‘pompier’ pour un autre nom de profession. Car depuis quelques années, le fait de combattre un incendie arrive au quatrième rang dans les tâches à exécuter, derrière la prévention, la réglementation et les appels de premiers répondants. »

M. Bonneau ne sait pas quel nom serait approprié, mais il accepte de faire la comparaison entre l’appellation des ambulanciers, devenus, en Outaouais et ailleurs, des paramédics.

Denis Doucet a pris la relève aux commandes du SSIG. « Dans son cas, c’est toute la réorganisation des services, la formation du personnel, et la lutte à la contamination des vêtements des pompiers, qui marqueront les prochaines années. »

André Bonneau a été impliqué dans des négociations de conventions collectives — parfois houleuses — avec le syndicat. Il se dit cependant satisfait d’avoir pu en signer deux, d’une durée de huit ans chacune.

André Bonneau est devenu pompier à l’âge de 18 ans, au service des incendies de Pointe-aux-Trembles, jusqu’à son annexion à ceux de la Ville de Montréal.

Après un passage aux services de Ville de Mont-Royal et à l’aéroport Montréal-Trudeau, il est devenu directeur du SSIG en 2004.

« Je suis surtout heureux de ne jamais avoir eu à annoncer à des familles qu’un de mes employés était décédé au combat, sous mes ordres. »

La profession de pompier est méconnaissable par rapport à ce qu’il a connu, à ses débuts, au début des années 70. Les pompiers, en 2018, doivent par ailleurs combattre des brasiers de bâtiments construits en divers matériaux synthétiques, en passant par le métal et le bois. « Les structures sont très différentes », dit M. Bonneau.

Les pompiers sont devenus très spécialisés, souligne le nouveau retraité.

« Ils font du sauvetage nautique, de la désincarcération, des appels de détresse en santé, de la prévention, de l’enquête. 20 % de nos appels sont de nature médicale. »

Lors du passage de la tornade qui a ravagé une partie du quartier Mont-Bleu, cet automne, les pompiers étaient responsables du Centre de coordination des urgences.

Il y a 40 ans, les pompiers auraient été confinés à la seule scène d’incendie de l’École secondaire Mont-Bleu, engendrée par cette même tornade.

L’avenir des pompiers passe par la formation et la reconnaissance des maladies — telles les différentes formes de cancer — comme des risques à atténuer.

André Bonneau compte profiter des prochains mois pour visiter ses enfants et ses petits-enfants, aux États-Unis, voyager avec sa conjointe, et tenter d’éteindre les feux... sur sa carte de golf.