Benoît Delage, du CREDDO, et le maire Maxime Pedneaud-Jobin se sont félicités du financement du gouvernement fédéral pour le projet Air-ou-Vert.

«Le centre-ville pourrait être plus vert»

L’idée de verdir davantage le centre-ville de Gatineau et d’éliminer du paysage une part d’asphalte et de béton vient de franchir un pas important. Le projet « Air-ou-vert » du Conseil régional de l’environnement et du développement durable de l’Outaouais (CREDDO) a reçu une enveloppe de 175 000 $ du fédéral.

L’annonce de la subvention, accordée dans le cadre du Programme Municipalités pour l’innovation climatique de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), a été faite par le député de Gatineau, Steve MacKinnon, qui a lui-même avoué que le cœur de la ville n’était pas assez vert à son goût.

« Chaque fois que j’entre dans la ville, je regarde Place du Portage et je me dis qu’on aurait pu faire mieux. Ça inclut bien sûr la verdure, mais il y a toutes sortes d’enjeux. [...] Gatineau doit faire un peu de rattrapage à ce niveau-là et se doit d’avoir une vision à long terme. On sème littéralement maintenant pour en récolter les avantages dans 10, 20 ans. Quand vous y pensez, planter un arbre, ce n’est pas beaucoup d’argent, ce n’est pas très compliqué et ce n’est certainement pas controversé. Des générations peuvent bénéficier d’un seul arbre, alors imaginez un projet de plantation au centre-ville, ça va changer drastiquement notre environnement et notre qualité de vie », de dire l’élu.

Même son de cloche de la part du maire Maxime Pedneaud-Jobin, qui est loin de nier qu’il y a beaucoup de pain sur la planche pour changer le visage du centre-ville.

On y compte entre autres de multiples stationnements de surface, des îlots de chaleur que ce dernier qualifie de « cicatrices à ciel ouvert », promettant d’en réduire le nombre au fil des années à venir.

« On se plaît à dire qu’on est une ville verte, mais disons que notre centre-ville pourrait être plus vert. Il n’est pas assez à l’image de la ville. Du point de vue de la qualité de vie des gens, c’est une urgence, c’est vraiment l’une de nos priorités d’investir » a lancé le maire. Il ajoute que le fléau de l’agrile du frêne n’a certes pas aidé à la situation, plusieurs centaines d’arbres matures ayant dû être abattus.

M. Pedneaud-Jobin souligne que les avantages d’un verdissement sont nombreux, de l’amélioration de la qualité de l’air en passant par un meilleur ruissellement des eaux, l’amélioration de la qualité de vie, les retombées économiques et la création de zones ombragées.

Les arbres n’apparaîtront pas dans le centre-ville du jour au lendemain. À court terme, le projet en est à la phase exploratoire, indique le directeur général du CREDDO, Benoît Delage.

« Nous ne sommes pas encore rendus à l’action. Pour déterminer une action, il faut vraiment s’assurer d’avoir une vision d’ensemble sur le potentiel. Avec ce montant d’argent-là, on va sensibiliser les citoyens et caractériser le territoire pour savoir où on peut arracher de l’asphalte et du béton pour planter des arbres, là où il n’y en a jamais eu dans le passé. Ça semble facile, mais planter le bon arbre à la bonne place en ville, c’est une science. Des spécialistes ont fait le tour de la ville pour voir exactement où on peut en planter, ce qui inclut les bordures », dit-il.

L’objectif du projet Air-ou-vert est de hausser de 1 % par an l’indice de canopée du centre-ville gatinois, qui se chiffre actuellement à 16 %, une proportion deux fois moins importante qu’à Québec (32 %), par exemple.

Une marche exploratoire dans le centre-ville en compagnie d’élus gatinois ainsi que de la mairesse de Sainte-Julie et présidente du comité sur les changements climatiques à l’Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy, devait avoir lieu après l’annonce, mais la pluie a forcé son annulation.