Maxime Pedneaud-Jobin précise que certains types d’entreprises s’en tirent sans trop de mal dans le contexte restrictif de la COVID-19, mais il admet du même souffle que le secteur commercial de l’Île-de-Hull est une de ses «plus grandes sources d’inquiétude».
Maxime Pedneaud-Jobin précise que certains types d’entreprises s’en tirent sans trop de mal dans le contexte restrictif de la COVID-19, mais il admet du même souffle que le secteur commercial de l’Île-de-Hull est une de ses «plus grandes sources d’inquiétude».

Le centre-ville de Gatineau «attaqué» par la COVID

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
La situation est la même dans toutes les grandes villes du Canada. «Tous les centres-ville sont attaqués directement» par la crise engendrée par la COVID-19, observe le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. Dans l’espoir de ramener des consommateurs dans le centre-ville et sauver ce qui pourra l’être, il appelle à un retour des fonctionnaires dans les bureaux du gouvernement fédéral.

«Dans la mesure où les règles sanitaires sont respectées, j’invite le fédéral à ramener des gens dans le centre-ville, lance-t-il. Il faut avoir un centre-ville vivant.»

Le maire précise que certains types d’entreprises s’en tirent sans trop de mal dans le contexte restrictif de la COVID-19, mais il admet du même souffle que le secteur commercial de l’Île-de-Hull est une de ses «plus grandes sources d’inquiétude». Si les services professionnels et le milieu de la construction ont repris une activité presque normale, la situation est tout autre pour le secteur de la restauration, les petites boutiques et les commerces de proximité qui comptent sur les employés fédéraux pour survivre.

«Je pense qu’il y aura une part de transformation qui aura lieu au centre-ville, explique le maire Pedneaud-Jobin. Une part de l’activité ne sera peut-être plus la même, pas aussi intense. La foire alimentaire [Place du Centre] ça m’inquiète moins, mais les petits commerces dans les rues d’ambiance du centre-ville, le secteur Laval-Aubry, ça je m’inquiète plus. Les rues d’ambiance c’est de la qualité de vie, des gens qui se rencontrent, c’est l’image, le visage de Gatineau. Il faudra continuer nos efforts [dans le centre-ville] de façon importante.»

Certains commerces ont déjà commencé à quitter le centre-ville pour se rapprocher des consommateurs. D’autres y pensent sérieusement. Des ensembles commerciaux comme le projet Agora, dans le Plateau, semblent attrayants. «C’est un des grands risques, mais en même temps, si ça permet d’avoir des coeurs de village intéressants avec des commerces de proximité, c’était aussi un de nos objectifs», explique le maire.

M. Pedneaud-Jobin estime qu’il est encore trop tôt pour préciser de quelle façon la Ville entend s’y prendre pour sauver son centre-ville. «Avant de proposer des solutions, il faut cerner le problème, affirme le maire. Le défi qu’on a c’est de savoir à quel rythme les gens vont revenir. J’entends beaucoup dire qu’après la pandémie, environ 15 % des fonctionnaires demeureraient en télétravail. Quel serait l’impact de ça sur notre centre-ville ? Est-ce que c’est suffisant pour l’affecter ? Il risque d’être trop tôt pour prendre des décisions dans le prochain budget.»

Le maire de Gatineau indique toutefois avoir eu des discussions avec l’organisme Vision centre-ville. «Il y a quelque chose qui se prépare», ajoute-t-il. Les investissements municipaux de plusieurs millions $ pour revaloriser le secteur Laval-Aubry-Kent tirent à leur fin. Les budgets maintenant récurrents pour l’animation ont commencé à produire l’effet recherché et sont là pour rester, dit-il.