Les constats forcent le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) à entreprendre une importante restructuration du centre d'appel.

Le centre 9-1-1 est appelé à «changer»

La qualité du service et la justesse des opérations du centre d'appels urgents 9-1-1 de la Ville de Gatineau n'avaient encore jamais fait l'objet d'une analyse aussi détaillée que celle qui vient d'être réalisée en raison des pressions politiques et populaires qui se sont exercées à la suite du meurtre de Thérèse Gauvreau, en janvier dernier.
Les constats qui en découlent forcent le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) à entreprendre une importante restructuration du centre d'appel. 
« La perspective du SPVG c'est qu'il était dans un processus d'amélioration continue, a expliqué le maire Maxime Pedneaud-Jobin. Là, on a fait un exercice plus vaste sur toute la structure et on s'est aperçu que certains aspects sont pires que ce qu'on pendait. »
Il est notamment apparu qu'il n'est pas rare que des employés du 9-1-1 soient à ce point débordés que des collègues dont ce n'est pas la tâche doivent répondre aux appels urgents. Le chef de police Mario Harel a aussi précisé que les embauches au 9-1-1 ne se font pas en fonction de l'expérience et les compétences dans le domaine, mais plutôt, dans le cas d'un employé de la Ville, en fonction des années d'ancienneté dans l'organisation. 
Tout ça est appelé à changer. Le SPVG a demandé et obtenu du conseil municipal une augmentation de 765 000 $ du budget du centre d'appels 9-1-1 pour procéder à l'embauche de dix nouveaux employés, dont un cadre supplémentaire et un formateur. Les conditions d'embauche seront aussi ajustées afin de privilégier les compétences à l'ancienneté. 
« Il y aura un enjeu de relation de travail et de convention collective, a précisé M. Harel. Si on embauche plus en fonction des compétences, on va minimiser les risques parce qu'on aura des gens dont les aptitudes sont conséquentes pour répondre à des appels d'urgence. »
Le SPVG s'engage aussi à poursuivre les efforts pour que son centre d'appels 9-1-1 obtienne la certification du gouvernement du Québec. Des investissements de 1 million $ seront nécessaires, notamment pour des améliorations physiques aux installations. « Ce qu'on propose aujourd'hui au conseil (mardi) l'aurait été dans un avenir rapproché, mais les récents événements et le mandat donné par les élus ont eu l'effet de précipiter un peu ces demandes », a ajouté le chef Harel. Tous ces investissements doivent apparaître au budget 2018.
«On est pas à l'abri d'une erreur de jugement»
La police de Gatineau pourra effectuer toutes les améliorations possibles à son centre d'appels 9-1-1, il ne sera jamais à l'abri d'une erreur de jugement comme celle survenue le jour du meurtre de Thérèse Gauvreau, rappelle le maire Maxime Pedneaud-Jobin.
«Il faut être clair sur les liens entre la certification et le drame du 18 janvier, a insisté le maire. Ce n'est pas une certification contre les erreurs de jugement. On n'est pas à l'abri de ça. On pourrait faire tous les changements prévus et on ne serait pas plus à l'abri d'une erreur de jugement.»
Malgré cela, la candidate à la maire, Sylvie Goneau s'est dite attristée de voir que la certification du centre d'appels 9-1-1 n'a «jamais été une priorité» au cours de ce mandat. 
«Il n'est jamais trop tard pour bien faire», a-t-elle ajouté. Le chef de la police de Gatineau, Mario Harel, a précisé que la démarche de certification provinciale se poursuit. «C'est un processus long, complexe et coûteux, dit-il. Plusieurs autres municipalités comme nous travaillent à satisfaire tous les critères pour obtenir la certification. Nous ne sommes pas un cas unique.»
Le président du conseil municipal, Daniel Champagne, n'a pour sa part pas caché son étonnement en apprenant que l'ancienneté à la Ville de Gatineau comptait plus que les compétences lors des embauches au centre d'appels 9-1-1. Sur ce dernier point, la conseillère Louise Boudrias s'est dite satisfaite que le processus d'évaluation et d'embauche soit complètement revu par le Service de police de la Ville de Gatineau.