Nathalie Lemieux, conseillère municipale de Gatineau, a accordée une première entrevue en plus d’un an. Sur les ondes de TVA Gatineau-Ottawa, elle est revenue sur ses commentaires sur l’islamophobie et la rotondité de la Terre en plus de lancer qu’elle songe à la mairie.
Nathalie Lemieux, conseillère municipale de Gatineau, a accordée une première entrevue en plus d’un an. Sur les ondes de TVA Gatineau-Ottawa, elle est revenue sur ses commentaires sur l’islamophobie et la rotondité de la Terre en plus de lancer qu’elle songe à la mairie.

Le cas Nathalie Lemieux

ANAYLYSE / Et c’est comme ça, après treize mois à « prendre le temps de bien faire les choses », que Nathalie Lemieux a rappelé à tout le Québec que des milliers de Gatinois étaient représentés à la table du conseil municipal par quelqu’un qui croit que la Terre est plate, ou à tout le moins qui entretient de très sérieux doutes sur sa rotondité. Aucune autre ville au Québec n’a dans ses rangs une élue qui vit cette « croyance » de manière aussi décomplexée.

Ce que le reste de la province ne sait pas, c’est que Mme Lemieux ne fait pas que voter sur un budget de plus de 600 millions $ une fois par année. Elle a aussi à sa disposition un budget de recherche de plusieurs dizaines de milliers de dollars qu’elle peut dépenser à sa discrétion.

Ses dépenses en la matière ont d’ailleurs explosé depuis juin dernier, passant de 6220 $ pour les 18 premiers mois du mandat à 10 200 $ pour les seuls six derniers de 2019.

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La conseillère de Touraine occupe aussi d’autres fonctions politiques. Elle siège au conseil d’administration de l’Aéroport de Gatineau. Après avoir été membre du comité exécutif, mairesse suppléante et présidente de la commission des arts, de la culture et des lettres, son poste à l’aéroport est le seul qu’il lui reste en dehors de la table du conseil.

Cette responsabilité lui a été donnée par le maire Maxime Pedneaud-Jobin. S’il décidait maintenant de réduire au strict minimum le rôle politique de Mme Lemieux, il serait très étonnant que ça se bouscule au conseil pour la défendre. Depuis quelques jours, ils s’en trouvent plusieurs autour de la table qui estiment que la farce a assez duré.

« Choses malhonnêtes »

Dans l’entrevue accordée cette semaine à Pierre Donais de TVA Gatineau-Ottawa, une première en plus d’un an, Mme Lemieux a affirmé qu’« il y a des choses malhonnêtes qui se passent à Gatineau ».

Venant d’un autre élu, une telle affirmation aurait provoqué une onde de choc. Sortant de la bouche de Mme Lemieux, ça n’a pas la même crédibilité. La théorie du complot de la Terre plate n’est habituellement pas la première à laquelle les gens adhèrent, affirment les spécialistes en la matière. Il y en a d’autres, plus simples, qui nécessitent un niveau de crédulité moindre. Il y a donc lieu de se demander si la conseillère fait la bonne lecture de la situation qu’elle dénonce en affirmant que des « choses malhonnêtes » se déroulent à Gatineau.

Mme Lemieux est d’avis que « tout est une question de croyances dans la vie ». Elle estime légitime que des gens puissent se créer leur propre réalité en faisant abstraction des faits scientifiques. Alors, de quoi parle-t-elle lorsqu’elle affirme qu’il se passe des « choses malhonnêtes » à Gatineau ? Est-ce que le vaste exercice de révision du plan de zonage que vient de lancer la Ville ne serait en fait qu’un autre outil dirigé par la NASA pour tenir la population dans l’ignorance ?

Entre complaisance et acharnement

Mme Lemieux n’a rien fait de criminel. Nourrir publiquement une théorie de la Terre plate n’est pas suffisant pour lui faire perdre son poste de conseillère. Les Gatinois seront cependant en droit de se questionner sur la rigueur des cheminements politiques et intellectuels qui mèneront Mme Lemieux à voter pour ou contre les projets qui lui seront soumis d’ici la fin du mandat.

À ce chapitre, il y a lieu aussi de se demander si les médias régionaux, Le Droit y compris, n’ont pas versé dans la complaisance en acceptant trop facilement les refus répétés de Mme Lemieux de s’adresser aux journalistes.

À quel moment la pression des médias pour forcer un titulaire d’une charge publique à s’expliquer publiquement devient de l’acharnement inutile ?

Revenant, cette semaine, sur ses propos controversés tenus il y a un an sur l’intégration des communautés musulmanes et l’islamophobie, Mme Lemieux a affirmé : « personne ne sait exactement ce que j’ai dit ». C’est faux. Le Droit sait exactement ce que Mme Lemieux a dit ce jour-là. Et ce qu’elle a dit a été publié dans nos pages.

C’est d’ailleurs parce que ces propos ont été publiés et largement diffusés que les électeurs de Touraine savent aujourd’hui que leur représentante au conseil entretient des doutes par rapport à la rotondité de la Terre.

Ce sont ces propos controversés qui ont poussé des internautes à fouiller pour savoir qui est cette élue de Gatineau. Sans cet acharnement, bien des gens ignoreraient ce qui se cache derrière le sourire de cette conseillère qui affirme aujourd’hui songer à la mairie de Gatineau.