Les membres de l’équipe du maire de Gatineau sont très actifs sur les médias sociaux, autant dans ses interventions auprès des citoyens qu’en réaction aux élus municipaux.
Les membres de l’équipe du maire de Gatineau sont très actifs sur les médias sociaux, autant dans ses interventions auprès des citoyens qu’en réaction aux élus municipaux.

Le cabinet du maire veille sur Facebook

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Quiconque fréquente les pages Facebook des médias de la région et s’intéresse à l’actualité de la Ville de Gatineau aura remarqué que les membres du cabinet du maire Maxime Pedneaud-Jobin y sont très actifs depuis quelques jours. La tactique n’a toutefois rien de nouveau. L’équipe du maire n’hésite pas à corriger des propos d’internautes, remettre en question le traitement médiatique d’une nouvelle, et même interpeller des élus indépendants, ce qui agace certains.

Cette stratégie de relations publiques est implantée au cabinet depuis l’élection du maire Pedneaud-Jobin en 2013. L’attachée de presse du maire, Laurence Gillot, et le conseiller politique de M. Pedneaud-Jobin, Patrick Robert-Meunier, sont particulièrement assidus, surtout lorsqu’un dossier devient chaud.

La plupart du temps, ils corrigent, poliment, mais fermement, des informations avancées par des internautes ou des élus indépendants. Ils sont à l’affût des erreurs de fait et mettent beaucoup d’énergie à relayer le message du conseil, du maire et parfois d’Action Gatineau. Ils sont parfois remerciés, mais il arrive régulièrement que la tactique irrite celui qui est interpellé.

Accrochage avec Boudrias 

Dernièrement, la garde rapprochée du maire s’intéresse particulièrement aux dossiers des matières résiduelles et du transport. L’attachée de presse du maire garde un œil attentif aux publications de la conseillère Louise Boudrias. Depuis quelques mois, il n’est pas rare que Mme Gillot remette publiquement en question les propos avancés par la conseillère sur Facebook et qu’elle s’immisce dans des discussions entre l’élue indépendante et des internautes. Mme Boudrias a souvent démontré son agacement face à ces interventions de l’attachée de presse du maire.

Mercredi soir, c’est Mme Boudrias qui est intervenue sur la page Facebook de Mme Gillot. Cette dernière venait de publier la chronique du Droit signée par Patrick Duquette sur le dossier du sixième pont. La conseillère s’est permis un commentaire et Mme Gillot a invité Mme Boudrias à plutôt partager ses commentaires avec le chroniqueur. «Elle est bonne celle-là d’une dame qui se permet d’émettre ses commentaires sur ma page», a rétorqué Mme Boudrias.

Le 104,7 FM ciblé

Quelques heures plus tôt, Patrick Robert-Meunier était de presque toutes les discussions sur les réseaux sociaux concernant la décision du comité exécutif de prolonger d’un an le contrat avec Derichebourg pour la collecte des déchets. Tentant de corriger les affirmations de l’un, et de remettre en question l’argumentaire d’un autre, le conseiller politique du maire défendait vivement la décision de la Ville dans ce dossier.

Le traitement médiatique que fait le 104,7 FM de l’actualité municipale agace le maire et son cabinet depuis longtemps. C’est de notoriété publique. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir apparaître les membres du cabinet du maire sur la page Facebook de la station, tentant de rectifier des faits ou de recadrer une nouvelle. Ce n’est pas unique au 104,7 FM, mais le ton utilisé avec la station de radio laisse transparaître un agacement certain.

«On présente encore les choses pour provoquer et susciter l’indignation. C’est si difficile d’expliquer les choix ? […] Me semble que ça n’aurait pas été compliqué à expliquer à vos auditeurs ?», a écrit M. Robert-Meunier sur la publication Facebook du 104,7 FM concernant le prolongement du contrat de Derichebourg.