Maxime Pedneaud-Jobin estime que le nouveau projet de gouvernance est « très avancé ».

Le brouillard se dissipe lentement

La nouvelle gouvernance à la Ville de Gatineau. Les conseillers en parlent depuis au moins l’ancien mandat. Source de critiques et d’appréhensions, le sujet a fait l’objet d’un lac-à-l’épaule de deux jours l’automne dernier. À part une augmentation des sessions de travail à huis clos, une moins grande exposition publique des fonctionnaires et quelques commissions plus ouvertes, il est encore difficile de cerner comment les nouvelles façons de faire permettront à la démocratie gatinoise de gagner en efficacité et en transparence.

Il reste bien quelques séances publiques du comité plénier, ici et là, les mardis, mais l’état de situation sur le déneigement fait en début de semaine en session de travail a laissé entrevoir le nouveau fonctionnement à la table du conseil. La présentation des fonctionnaires et les discussions entre élus ont été faites à porte fermée. Le président du comité exécutif, Cédric Tessier, a ensuite rencontré la presse pour faire le point. Les élus qui le souhaitaient pouvaient ensuite s’exprimer sur ce qui venait de leur être soumis par l’administration.

La plupart des élus questionnés au fil des semaines admettent ne pas encore savoir comment la nouvelle gouvernance s’opérera au jour le jour. Des conseillers admettent ne pas toujours savoir ce qui est de nature publique et ce qui doit demeurer sous le sceau du huis clos. Le degré d’ouverture des comités et commissions est encore à géométrie variable, tout comme la diffusion des documents qui y sont déposés. Les élus et l’administration ne s’entendent pas toujours sur ce qui doit être transmis aux médias.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin affirme que de nombreuses discussions ont eu lieu concernant la gouvernance dans les derniers mois. « Ce ne sont plus des discussions théoriques, dit-il. On travaille à partir de documents, dont un est très avancé. Il nous reste trois points importants à clarifier et ensuite il nous restera à définir les statuts et règlements. »

Casse-tête

De gros morceaux du casse-tête seront cependant bientôt rendus publics. Au cours des prochaines semaines, les commissions municipales déposeront au conseil leur plan d’action pour les deux prochaines années.

Ces documents sur lesquels planchent les présidents de commission et l’administration depuis des mois seront rendus publics, tour à tour, d’ici l’été. Ils devront être adoptés par le conseil municipal.

L’objectif de ces plans d’action sera de déterminer à l’avance, le plus possible, les travaux du conseil d’ici la fin du mandat. Ils seront intimement liés au programme du conseil.

« Raymond Chabot disait dans son rapport [2013] que notre planification stratégique n’influençait pas l’organisation, ce qui est grave comme jugement sur l’utilité de tous nos plans, explique le maire. Ce qu’on veut faire avec la nouvelle gouvernance c’est avoir une prise sur nos plans à long terme, leur élaboration ainsi que sur les changements qui pourraient avoir lieu. Je pense que ça va nous aider à avancer de manière plus systématique, à résister à des impulsions du moment du conseil qui pense qu’un dossier devient une grande priorité, et à accepter les changements quand le conseil est sérieux et qu’un changement de priorité est nécessaire. On ne doit plus avoir des priorités qui s’empilent les unes sur les autres. On fera des choix et quand ils seront faits, c’est là que la machine devra se retourner. Ça veut dire que pour toutes les petites affaires fatigantes de l’air du temps, on aura la capacité de préciser ce que ça veut dire si on veut les mettre dans la machine. »