Les conseillers indépendants Louise Boudrias, Daniel Champagne et Audrey Bureau ont donné leur avis sur la mi-mandat de leur maire.

Le bilan de mi-mandat de trois indépendants

Pour la conseillère Louise Boudrias, le bilan de l’administration Pedneaud-Jobin en matière de services aux citoyens est « un échec ». Daniel Champagne tire un portrait « assez positif » de ce mi-mandat au cours duquel Gatineau a fait « plusieurs avancées ». Audrey Bureau résume les deux dernières années par un mot ; « environnement », un thème qui, selon elle, a vivement marqué ce début de mandat.

Le Droit a interpellé trois élus indépendants pour qu’ils partagent, eux aussi, leur lecture de la situation rendue à mi-mandat. Mme Boudrias, l’élue la plus critique du maire Maxime Pedneaud-Jobin à la table du conseil note une vive déception dans plusieurs domaines. Celle qui poursuit sa réflexion à savoir si elle briguera la mairie en 2021 attaque l’administration Pedneaud-Jobin sur quatre principaux thèmes, les services aux citoyens, la transparence, le développement économique et la gestion financière de la Ville.

Le président du conseil, plus positif, souligne que des dossiers importants comme le partage des revenus de la TVQ, l’adoption du plan vélo et la gestion du dossier du cannabis ont été menés à bien par Gatineau, alors que la Ville faisait face au même moment à des catastrophes naturelles de grande ampleur.

Audrey Bureau, arrivée à la table du conseil il y a deux ans comme élue indépendante, ne peut que se rendre à l’évidence. « Les changements climatiques ont des impacts concrets sur les citoyens, notre ville, notre infrastructure municipale, et les gens demandent qu’on s’occupe de ça, dit-elle. Ç’a amené concrètement des responsabilités supplémentaires. »

Le concret des changements climatiques ne se fait pas uniquement sentir lors des inondations ou des tornades à Gatineau. Daniel Champagne se dit actuellement préoccupé de l’impact de ces catastrophes sur l’administration et sa capacité à livrer le programme du conseil. « On devra rapidement se positionner quant à nos ressources humaines, ajoute Mme Bureau. Il faut voir si on a réellement assez de ressources à la Ville pour faire face aux défis majeurs des changements climatiques et à nos autres responsabilités. »

La gestion des matières résiduelles, les transports et l’aménagement du territoire sont aussi devenus des enjeux directement liés à la question environnementale. Et sur ces éléments, Mme Boudrias est sans appel. En particulier pour les services aux citoyens.

« On sent une grande insatisfaction dans la population », dit-elle en précisant avoir encore de la difficulté à accepter la coupe, en 2018, de 11 millions $ dans le budget de pavage des prochaines années. La gestion des ordures ménagères a été mal planifiée, ajoute-t-elle. « Je suis d’accord avec notre plan de gestion des matières résiduelles, mais nous avons mal planifié tout le volet de la collecte, explique la conseillère. On a dû reculer deux fois. On a été incapable de rendre la tâche plus simple pour les cas particuliers. L’échec appartient aussi, en partie, aux citoyens qui dans certains cas n’ont pas été respectueux, mais c’était à nous de mettre les outils en place. »

Le concret des changements climatiques s’invite aussi dans les débats sur le transport et automatiquement il devient question du 6e pont. Mme Boudrias estime que la manière dont le maire aborde ce dossier est complètement décalée de l’opinion générale de la population. « Je n’ai jamais reçu autant de courriel dans un dossier, dit-elle. C’est pire que les tours Brigil. Je vois que le maire commence à changer de discours. Il doit comprendre que la population est complètement déçue de sa position dans ce dossier. »

En matière de développement économique, Mme Boudrias résume le bilan de mi-mandat du maire Pedneaud-Jobin à des tentatives de bloquer plusieurs projets importants. Elle cite en exemple les deux hôtels du promoteur Jacques Bélanger qui ont mené à des accrochages sur la grandeur du stationnement, le projet de Multivesco sur la rue Montcalm et plus récemment Destination Vanier. « Si Action Gatineau avait été majoritaire, ces projets-là étaient bloqués, dit-elle.