La conseillère Audrey Bureau a réussi à convaincre ses collègues de retarder leur décision sur le projet du promoteur Denis Cléroux.

Le 22, rue Principale bloqué par le conseil

La controverse se poursuit dans le dossier du 22, rue Principale, à Aylmer. Alors que le conseil était sur le point de rejeter le projet présenté par le promoteur Denis Cléroux, la conseillère du quartier, Audrey Bureau, a convaincu ses collègues de retirer ce point à l’ordre du jour afin de donner une dernière chance au promoteur d’apporter des changements à son immeuble.

Dans un vote indicatif qui a carrément déchiré le conseil municipal, mardi après-midi, les élus, à 10 contre 9, ont voté contre une dérogation mineure qui était préalable à la réalisation de la construction de l’immeuble de quatre étages comptant 13 unités de condominium. La totalité des élus d’Action Gatineau a voté contre le projet. Les trois élus indépendants du secteur Aylmer se sont aussi opposés au projet dans sa forme actuelle.

Le président du comité consultatif d’urbanisme (CCU), Jocelyn Blondin, contenait mal son impatience et sa frustration face à la position d’une majorité de ses collègues. « Ce projet répond aux exigences, il est recommandé par nos services et la majorité du CCU, a-t-il rappelé. Le promoteur a apporté toutes les modifications qui lui ont été demandées par l’association du patrimoine. Mais là, ça n’a plus de limite. Le promoteur n’arrivera jamais à satisfaire ces citoyens. Ça prend de bonnes raisons pour être contre un projet qui respecte notre réglementation et je considère que ce n’est pas le cas. »

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a précisé qu’il préférait errer par prudence dans les dossiers de protection du patrimoine.

« C’est une des plus belles rues de Gatineau, il faut être prudent, on doit avoir le meilleur projet possible et la bonne raison qu’on a de prendre notre temps c’est qu’il est encore possible d’avoir un meilleur projet, a-t-il lancé. On construit pour 50 ans. Dans 15 ans, quand on va marcher sur la rue Principale, l’enjeu ça ne sera pas d’avoir pris un mois de plus, l’enjeu ça sera de savoir si ce projet est beau. »

La conseillère du quartier, Audrey Bureau, était contre le projet dans sa forme actuelle.

Elle dit reconnaître la réalité du promoteur et affirme vouloir travailler avec lui pour en arriver à un projet qui fera consensus.

« Il faut un projet à la hauteur du Vieux-Aylmer, a-t-elle indiqué. Il y a aussi des leçons à tirer de cette situation. On doit s’améliorer pour éviter qu’un autre promoteur se retrouve dans un tel tourbillon. La bataille que mènent les citoyens dans ce dossier pour défendre le patrimoine est légitime, mais aussi démesurée. Il faut clarifier nos attentes dans ce secteur, tant pour les promoteurs que les citoyens. »

Les conseillers Daniel Champagne, Gilles Carpentier et Louise Boudrias sont au nombre des élus qui ont signifié leur malaise par rapport au rejet de ce projet au conseil.

Le promoteur du projet, Denis Cléroux, a préféré ne pas commenter les nouveaux développements dans ce dossier qui occupe l’administration municipale depuis 2015.