Lawrence Cannon a bel et bien réfléchi à la possibilité de se lancer dans la course à la mairie de Gatineau, approché par «des gens pour qui» il dit avoir «énormément d'estime».

Lawrence Cannon explique sa décision

Lawrence Cannon ne briguera pas la mairie de Gatineau en 2017. En entrevue avec Le Droit depuis Paris, il a confirmé avoir quitté la politique « pour de bon » après sa défaite électorale de 2011.
« Je suis très reconnaissant envers les gens qui m'ont toujours supporté et qui souhaitaient me voir faire un retour en politique municipale, mais je pense que j'ai donné. J'adore la région et j'ai été très touché par ces gens qui voulaient que je brigue la mairie, mais j'ai pris ma décision. »
M. Cannon a informé, dimanche, lors d'un appel-conférence, les principaux organisateurs politiques qui s'affairaient à préparer le terrain à sa venue en prévision de l'élection de novembre prochain. « J'avoue que l'été dernier, de passage dans la région, j'ai été amusé et flatté par ces gens que je rencontrais partout et qui moussaient ma candidature à la mairie, explique-t-il. Ça m'a obligé à prendre ça au sérieux parce qu'il y avait des gens pour qui j'ai énormément d'estime qui m'ont approché. J'ai promis d'y réfléchir. J'ai fait le tour de la question et pour éviter qu'on aille plus loin dans cette opération, j'ai informé ces gens que la mairie de Gatineau n'était finalement pas dans mes cartons. »
L'ancien homme fort de Stephen Harper au Québec aura 70 ans en décembre prochain. Il affirme qu'il ne se voyait pas faire un mandat de quatre ans à Gatineau. « Il faut un fort désir, une ferveur et une passion pour servir en politique, ajoute M. Cannon. Ce sont des éléments essentiels et là où je suis rendu dans ma carrière, ce n'est pas ce que je voulais faire. »
M. Cannon devrait être de retour en Outaouais au début de l'été prochain, dès que prendra fin son mandat d'ambassadeur à Paris. Il n'a pas encore déterminé ce qu'il fera, mais il avoue avoir développé une passion pour l'enseignement lors de son passage en France où il a enseigné en relations internationales et en sciences politiques. 
« De pouvoir partager mon expérience avec la prochaine génération me passionne énormément, dit-il. Je souhaite aussi terminer la rédaction de mes mémoires afin de les publier l'an prochain. Je me passionne aussi pour les différents enjeux qui touchent le Grand Nord canadien. »
La décision de M. Cannon a provoqué une immense déception parmi ses principaux partisans et collaborateurs dans la région. L'organisation qui avait été mise en place au cours des derniers mois comptait entre 200 et 300 personnes prêtes à faire campagne aux côtés de M. Cannon. 
Une source digne de foi admet que cette importante organisation n'a actuellement aucun plan B afin de trouver un nouveau candidat pour affronter le maire sortant Maxime Pedneaud-Jobin. 
Samedi, Le Droit annonçait que le tapis rouge avait été déroulé pour M. Cannon, mais que ce dernier n'avait toujours pas pris sa décision. 
Le maire Pedneaud-Jobin n'a pas tardé à réagir à l'annonce de M. Cannon. 
Sur son compte Twitter, il a souligné l'envergure de l'actuel ambassadeur du Canada à Paris. « Qu'un homme tel que M. Cannon considère la mairie démontre la place que prend le monde municipal, a-t-il écrit. Certain qu'il saura contribuer autrement. »
Yves Ducharme relance sa réflexion
La décision de Lawrence Cannon de ne pas briguer la mairie de Gatineau en novembre pousse l'ancien maire Yves Ducharme à relancer sa propre réflexion sur une éventuelle candidature. 
«J'étais prêt à laisser la place à Lawrence, lance M. Ducharme. Ça m'aurait fait plaisir de le supporter, j'étais convaincu qu'il allait se présenter, mais là, je suis un peu forcé de relancer ma propre réflexion.»
Au cours des prochaines semaines, M. Ducharme tentera de sonder l'humeur de l'électorat gatinois. Il entend approcher des gens qui seraient prêts à l'appuyer et à lancer une équipe électorale pour affronter le maire sortant, Maxime Pedneaud-Jobin. «Ce sera aux électeurs de décider s'ils veulent passer quatre autres années comme celles qui viennent de passer avec un maire qui a de la difficulté à affirmer son leadership et dont les politiques sont un frein au développement de notre ville. Il y a aussi plusieurs considérants pour moi. Il faut des appuis, des moyens, une machine électorale bien rodée. Je devrai analyser tout ça avant de prendre ma décision.»
M. Ducharme se donne tout le mois d'avril pour mener à terme sa réflexion. «Il faut que je prenne une décision dès le début du mois de mai», dit-il.