Le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin, est plus sélectif dans sa disponibilité médiatique qu’à son premier mandat. Lorsqu’il se présente devant les médias, il écarte maintenant plus rapidement les questions auxquelles il ne souhaite pas répondre.

L’automne de la gouvernance

ANALYSE / Avant de partir en vacances, au début de l’été, le maire Maxime Pedneaud-Jobin saluait l’ambiance de travail, plus saine, qui semblait vouloir s’installer autour de la table du conseil depuis quelques mois. Il soulignait l’apport de Gilles Carpentier et le rôle important joué par ce dernier à la présidence du comité exécutif. L’été est terminé. L’automne est là, et l’hiver vient.

Gilles Carpentier, qui se voulait l’une des pièces maîtresses du maire pour l’implantation de sa « nouvelle gouvernance », n’est plus président du comité exécutif. Il a surpris tout le monde au retour des vacances en quittant, pour des raisons qui demeurent nébuleuses, toutes ses fonctions pour redevenir simple conseiller municipal. Il n’a toujours pas été remplacé et la pression pour que le maire fasse adopter par le conseil les nouvelles règles qui encadreront la joute politique à Gatineau a monté d’un cran, cette semaine. Le maire jouera son va-tout dans ce dossier lors d’une retraite fermée avec les élus, les 22 et 23 novembre prochains.

La nouvelle gouvernance doit clarifier le fonctionnement et le rôle des commissions municipales. Les présidents de ces instances doivent recevoir une lettre de mandat précisant les objectifs à atteindre. La question des huis clos, l’utilisation des comités pléniers, celle des « sessions de travail », le rôle de l’administration dans les efforts de communication et le pouvoir du comité exécutif ne sont que quelques exemples de ce que le maire souhaite chambouler.

La clé de l’efficacité

Pour M. Pedneaud-Jobin, la nouvelle gouvernance est la clé pour un travail plus efficace, mais la période de transition entre l’ancien modèle et le nouveau s’étire depuis un an. Des élus s’impatientent et dénoncent la lenteur avec laquelle certains dossiers d’importance parviennent jusqu’au conseil. Le nombre de présentations en comité plénier est à la baisse depuis des mois. À l’inverse, les « sessions de travail » à huis clos sont en augmentation.  

Les lettres de mandat se font toujours attendre, et après un an de mandat, les commissions ne jouent toujours pas le rôle qui leur était destiné. À part la commission « Gatineau, ville en santé » qui a piloté le chantier de l’encadrement de la consommation du cannabis dans les lieux publics, et la commission sur l’environnement qui a peiné dans la mise en œuvre du nouveau Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR), rien n’a vraiment émané de ces instances. Des dossiers comme le jeu libre dans la rue et l’avenir des piscines extérieures sont encore traités à huis clos à Gatineau. C’est aussi le cas pour tous les dossiers à caractère économique.

Le maire plus sélectif

Le maire Pedneaud-Jobin n’a pas caché, en début de mandat, vouloir être moins présent dans les médias. Il en avait d’ailleurs donné un avant-goût dès l’étude du budget, en novembre dernier, en s’esquivant des journalistes jusqu’à la fin des travaux. Il a depuis poursuivi dans la même veine en étant plus sélectif dans sa disponibilité médiatique qu’à son premier mandat. Et lorsqu’il se présente devant les médias, il écarte maintenant plus rapidement les questions auxquelles il ne souhaite pas répondre. « On communiquera quand on sera prêt à communiquer » est une formule toute prête qu’il n’hésite plus à utiliser quand il juge que le contexte pour discuter d’un dossier n’est pas le bon.  

À moins d’un mois de l’étude du deuxième budget, souvent le plus déterminant pour la suite d’un mandat en politique municipale, bien des points d’interrogation concernant des dossiers névralgiques pour Gatineau demeurent. La semaine qui vient de passer démontre que la pénurie de la main-d’œuvre qualifiée et la livraison des projets d’infrastructures seront visiblement au cœur des préoccupations des élus. 

L’an passé, en vertu de la nouvelle gouvernance à venir, la proposition budgétaire avait été préparée et défendue unanimement par le comité exécutif. Est-ce que ce sera encore le cas cette fois-ci ? La nouvelle ambiance de travail positive au conseil notée par le maire avant les vacances survivra-t-elle encore longtemps si le comité exécutif, amputé d’un influent indépendant, continue de retenir trop d’informations au goût de certains élus indépendants ?  

L’été est terminé. L’automne est là et l’hiver vient. Les prochains mois seront déterminants.