Avant de débuter l’asphaltage de la montée Dalton, la Ville de Gatineau devra refaire le sous-sol du chemin, acquérir des terrains et obtenir des certificats environnementaux.

L’asphalte se fait attendre sur la montée Dalton

Confiants de voir la Ville de Gatineau respecter le plan qu’elle avait d’asphalter la montée Dalton, les dirigeants du club de golf le Sorcier n’ont pas hésité à investir massivement dans leurs installations après en avoir fait l’acquisition en 2011. Huit ans plus tard, les quelque 55 000 golfeurs, convives à des mariages et clients du restaurant le Rituel doivent toujours emprunter un chemin de gravelle sur plus d’un kilomètre afin de se rendre à destination.

La patience des dirigeants du Sorcier vient d’atteindre sa limite, surtout que des échanges par courriel datant du printemps 2018 entre le directeur général du club de golf, Guy Beaulieu, et le directeur du centre de service de Gatineau, Marc Phaneuf, dont Le Droit a obtenu copie, laissaient présager la réalisation des travaux d’asphaltage au courant de 2019. Les premiers échanges à ce sujet entre les deux hommes que Le Droit a pu consulter remontent à avril 2014.

Le 5 novembre dernier, la Ville a avisé M. Beaulieu qu’il ne doit même plus s’attendre à ce que les travaux soient réalisés en 2020. Pour les dirigeants du Sorcier, c’est la goutte qui fait déborder le vase. « Il y a eu des investissements majeurs ici depuis 2012, explique M. Beaulieu. Plus de 11 millions $ ont été dépensés pour améliorer le chalet et le restaurant. Il y a eu des investissements dans la machinerie, dans le garage et dans l’ensemble de nos installations. Ces dépenses étaient pertinentes puisque les travaux de pavage de la montée Dalton sur environ 1,5 km étaient prévus au Plan triennal des immobilisations. On nous disait que ce n’était qu’une question de temps. »

Le service des communications n’a pas été en mesure de donner suite, lundi, à la demande d’information du Droit à ce sujet.

Enjeu de sécurité

Le directeur général du Sorcier mentionne que l’état de la montée Dalton est devenu un « enjeu majeur ». Les nombreuses pluies diluviennes et les périodes de gel et de dégel qui sont en augmentation rendent le chemin de plus en plus difficilement praticable, estime M. Beaulieu. « Le chemin est plein de trous et de bosses, dit-il. La Ville doit régulièrement ajouter de la roche et ça rend la conduite très instable. Des dizaines de milliers de personnes utilisent cette route chaque année. Une de nos craintes, c’est qu’un accident grave se produise. »

Le conseiller du quartier, Jean Lessard, est bien au fait du dossier. Il est en communication avec la direction du club de golf à ce sujet depuis son entrée en politique, en 2013. Il rappelle que le conseil municipal a décidé d’arrêter pour un temps l’asphaltage des chemins ruraux en 2015 en raison des nombreuses priorités en milieu urbain. Cela n’avait cependant pas empêché le conseil municipal de mettre de côté la somme de 1,7 million $ pour faire les travaux sur la montée Dalton en 2016.

Une étude géotechnique de la route réservait cependant de bien mauvaises surprises à l’automne 2018. « La qualité du sol est mauvaise, note M. Lessard. Il faut refaire tout le sous-sol du chemin avant de l’asphalter. Ça va représenter des coûts beaucoup plus importants. Des endroits doivent être élargis et des acquisitions doivent être faites en conséquence. Des certificats environnementaux seront aussi nécessaires. »

M. Lessard précise que la Ville prévoit faire les acquisitions des terrains nécessaires en 2020. « Nous offrons de céder à la Ville les terrains nécessaires qui nous appartiennent pour la somme symbolique de 1 $ depuis 2017 », rappelle M. Beaulieu. Le conseiller Lessard estime que les travaux pourraient se faire « au cours des prochaines années », sans pouvoir être plus précis.

Ce dernier conçoit, par ailleurs, que les changements climatiques ont un impact important sur les chemins ruraux de Gatineau qui ne sont pas asphaltés. « C’est un enjeu plus important qu’il y a quelques années, note M. Lessard. Je vais présenter une résolution au conseil en prévision du prochain budget afin qu’on puisse réintroduire un programme de pavage de nos chemins ruraux. Je crois que la montée Dalton serait une priorité à l’intérieur d’un tel plan. »