La conseillère Louise Boudrias se demande si la Ville de Gatineau fait bien d’investir dans le plein air urbain alors que les routes sont en mauvais état.

L’asphalte avant le plein air urbain, prône Boudrias

L’enjeu de l’asphalte et des nids-de-poule s’est de nouveau retrouvé à l’origine d’un léger accrochage entre élus, lundi, alors que s’amorçait l’étude du budget 2020.

Déterminée à trouver une façon de réinvestir les 11 millions $ coupés l’an passé dans le budget d’entretien du réseau routier des prochaines années, la conseillère Louise Boudrias a suggéré de repousser d’au moins un an l’entrée en vigueur du plan de développement du plein air urbain afin de renflouer l’enveloppe de pavage prévue pour l’an prochain.

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En agissant comme le propose Mme Boudrias, le conseil serait en mesure d’ajouter 548 000 $ dans l’enveloppe de pavage qui prévoit déjà un investissement de 27,5 millions $. Cette somme que souhaite transférer Mme Boudrias correspond à la première année d’un plan de trois ans de 2,8 millions $ destiné au plein air urbain.

Le président du conseil, Daniel Champagne, a immédiatement rétorqué qu’il trouve «extrêmement dommage» que sa collègue mette en opposition un investissement «visionnaire» comme celui prévu pour le plein air au besoin en pavage. «J’adhère à la position de Mme Boudrias sur l’importance d’investir dans nos infrastructures routières, a-t-il dit. La preuve c’est qu’on a augmenté de 70 % l’enveloppe de pavage depuis 2013. Mais je ne suis pas certain qu’on doit se poser la question à savoir si on veut faire 500 mètres de plus d’asphalte ou faire un projet porteur comme celui du plein air urbain. Nous avons un retard de 1,3 milliard $ dans l’entretien de nos infrastructures. Est-ce que 500 000 $ de plus feraient vraiment une différence?»

Comme le reste de ses collègues, Mme Boudrias affirme elle aussi être «emballée» par le plan pour le plein air. «Mais il faut faire des choix, dit-elle. Est-ce que Gatineau a les moyens de se payer un plan comme celui-là alors que nous avons plusieurs projets qui n’ont toujours pas vu le jour? On nous dit que 91 % des citoyens sont satisfaits de ce qu’on offre actuellement en plein air. Moi je crois qu’il vaut mieux travailler sur la proportion des citoyens qui ne sont pas satisfaits dans d’autres domaines.»