Le maire Maxime Pedenaud-Jobin ouvre la porte à transférer l’argent réservé aux avis publics dans le budget pour l’achat de publicité.

L’argent des avis publics transféré dans le budget de publicité?

Depuis l’adoption de la Loi sur l’autonomie municipale, les villes sont libres de retirer leurs avis publics des journaux. Contrairement au placement publicitaire, ces dépenses étaient encadrées légalement et relevaient du service du greffe. La loi forçait les municipalités à annoncer dans les journaux une multitude de trucs, allant du changement de zonage à l’appel d’offres pour des réfections de rues.

Plusieurs maires à travers la province pour qui ces dépenses représentaient une manière détournée de subventionner la presse écrite n’attendaient que le feu vert de Québec pour faire des économies qui, selon les cas, atteindront plusieurs centaines de milliers de dollars. Jusqu’ici, la Ville de Gatineau a décidé de maintenir ses avis publics afin de ne pas contribuer à fragiliser des journaux déjà fortement affectés par la crise qui sévit dans les médias écrits, mais cette époque achève. 

Pour les journaux, les avis publics représentaient des revenus relativement stables et garantis. En 2017, Gatineau a placé pour 205 207 $ en avis publics dans les médias écrits. En 2018, les dépenses de cet ordre atteignaient 183 850 $. 

La facture pouvait fluctuer d’une année à l’autre en fonction de ce que la Ville devait légalement publier.

L’étude approfondie du budget de Gatineau, publiée l’automne dernier, a recommandé, dans un objectif de dégager des économies, la tenue d’une réflexion sur la pertinence de poursuivre la publication d’avis publics dans les journaux. Le maire Maxime Pedneaud-Jobin précise que cette analyse est amorcée et que le comité exécutif fera une proposition au courant de 2019. 

«Qu’allons-nous faire avec cet argent? Tout est sur la table, insiste le maire. Mon objectif n’est cependant pas d’envoyer ça dans le fond consolidé de la Ville.» M. Pedenaud-Jobin ouvre la porte à transférer l’argent réservé aux avis publics dans le budget pour l’achat de publicité. «Ce que j’ai dit au Droit, au Bulletin d’Aylmer et à l’époque à la Revue de Gatineau, ajoute-t-il, c’est qu’on est intéressé à payer pour quelque chose dont nous avons besoin, mais je ne veux plus avoir à payer des pleines pages dans les médias pour des avis publics. Ça, je ne suis pas à l’aise avec ça. Je demeure tout à fait ouvert à ce que l’argent continue d’aller dans les coffres des médias locaux, que ça serve pour de la publicité ou d’autres outils comme des encarts, mais comme maire et personne responsable de l’argent public, je veux qu’on paie pour un service dont on a besoin.»