Christine Groulx déplore le manque de soutien de la Ville et souligne qu’il est inconcevable qu’il n’y ait pas de procédure en place pour de telles situations.

Laissée en plan avec les déchets des autres

Une résidente de Gatineau, qui vient tout juste de s’acheter une nouvelle maison, ne sait pas quoi faire avec les déchets encombrants de l’ancien propriétaire.

Quand Christine Groulx a visité sa future maison, il y a trois semaines, elle était déjà vide et inhabitée. Puis, un matelas souillé et un vieux poêle sont apparus devant la propriété, dont elle n’a pas encore pris possession.

« Au début, c’était seulement un matelas et quelques vidanges, mais là, il y a même un poêle qui s’est rajouté », dit-elle. Heureusement, un bon samaritain est passé ramasser le poêle, probablement pour le métal, mais le matelas demeure toujours en place devant la résidence.

« Quand j’ai vu les encombrants devant la maison, il y a quelques jours, j’ai téléphoné au 3-1-1 pour leur dire que ces déchets ne sont pas les miens étant donné que je prends possession de la maison seulement le 7 août. Le service s’est contenté de m’énumérer les options que je connaissais déjà, sans pouvoir m’aider davantage. »

En accord avec le nouveau Plan de gestion de matières résiduelles de la Ville de Gatineau, en vigueur depuis le 15 juillet, Mme Groulx s’est fait donner deux options. Elle doit attendre la prochaine collecte des encombrants, le 1er octobre prochain, soit dans deux mois, ou aller elle-même les déposer au centre de transbordement, où elle devra débourser une somme minimum de 50 $.

« Je trouve ça ignorant comme nouvelle réglementation. Si quelqu’un passe devant chez moi et lance un matelas sur mon terrain, ça devient donc mon problème ? »

Lors de son entretien téléphonique avec le 3-1-1, l’employé en service lui aurait répondu qu’il n’est pas là pour débattre, mais simplement pour répondre aux questions.

Mme Groulx déplore le manque de soutien de la Ville et souligne qu’il est inconcevable qu’il n’y ait pas de procédure en place pour de telles situations.

« Je trouve ça particulier que ce ne soit pas mes déchets, mais que je me retrouve pénalisée parce que je dois payer 50 $ de ma poche, en plus des frais de déplacement, pour transporter les encombrants. »

« Ça me prend quelqu’un pour m’aider à les soulever, poursuit-elle. Je suis enceinte, ce n’est pas moi qui vais aller lever le poêle et le matelas. »

Mme Groulx espère que cet appel à l’aide permettra de sensibiliser la Ville en montrant qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé.

« Je me dis que je ne peux pas être la seule à vivre une telle situation. Il faut qu’il y ait une procédure en place pour empêcher que ça se produise. »

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DES DIZAINES DE PLAINTE ET DE REQUÊTES

En l’espace d’à peine plus de deux semaines, la Ville de Gatineau a reçu un total de 24 plaintes au 311 par rapport aux changements apportés à la collecte des matières résiduelles.

Le Service des communications affirme que depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation, le 15 juillet dernier, autant « des citoyens qui désirent participer aux changements que des citoyens qui les déplorent » ont communiqué avec le Centre d’appels non urgents (CANU). 

On a également dénombré 59 requêtes visant à dénoncer la présence de dépôts clandestins sur des terrains privés ou municipaux. 

Déplorant la nouvelle réglementation, des gens déposeraient illégalement à divers endroits des déchets, des matelas, des meubles ou d’autres gros encombrants. La Ville tient cependant à préciser que ces requêtes n’ont pas nécessairement toutes un lien direct avec les nouvelles règles. 

Les préposés du CANU ont aussi rempli 296 requêtes pour le nouveau service de dons d’encombrants sur appel offert à l’année par un organisme d’économie sociale. 

Avec Daniel LeBlanc, Le Droit