Le Marché de l'Outaouais est situé sur la rue Eddy, à Hull.

L’achat local en temps de pandémie

Privilégiez l’achat local, a lancé le premier ministre François Legault à l’ensemble des Québécois, cette semaine. Dépensez votre argent à Gatineau, a renchéri le maire Maxime Pedneaud-Jobin. L’heure est résolument aux « circuits courts » et aux chaînes d’approvisionnement locales en ces temps de crise sanitaire. De plus en plus de restaurateurs, artisans et commerçants locaux tentent de se réajuster, soit en offrant de la livraison à domicile ou en transférant leurs activités commerciales en ligne.

Pour le Marché de l’Outaouais, tout ça n’a rien de nouveau. La coopérative de solidarité est en lien avec une soixantaine de producteurs de la région. Viande bio, produits maraîchers en saison, produits transformés de toutes sortes ; les clients peuvent faire leurs commandes en ligne et les produits sont livrés au comptoir de la boutique du Marché. L’organisme vivait cependant d’importantes difficultés financières depuis quelque temps. Sans se réjouir de la crise actuelle, les affaires semblent avoir repris de la vigueur cette semaine dans le petit magasin de la rue Eddy.

« La vente en ligne, nous étions déjà là-dedans, c’est notre spécialité, explique Cyprien Pomart, gérant de la boutique du Marché de l’Outaouais. On met en lien des producteurs locaux avec les consommateurs de la région. Tout ce qui se passe actuellement est très malheureux, mais je ne cacherai pas qu’il y a un effet très positif pour nous. »

Habituellement, le Marché de l’Outaouais répond à environ 70 commandes par semaine. « Nous avons plus que doublé le nombre de commandes cette semaine, note M. Pomart. On dépasse 150 commandes. Les gens sentent le besoin de se faire des réserves de viande, mais aussi de s’approvisionner localement. Il manque encore de légumes, mais la saison s’en vient. Les Serres urbaines, à Gatineau, devraient pouvoir nous fournir des tomates et de la laitue la semaine prochaine. »

M. Pomart souhaite que la crise actuelle mène à une véritable réflexion. « On voit présentement l’importance des circuits courts et des chaînes d’approvisionnement locales, dit-il. Les pays ont beaucoup délocalisé les choses dans les dernières années. On sent maintenant que tout ça est à repenser. »

Boutique Le local

À quelques pas de là, toujours sur la rue Eddy, une affiche à la porte de la Boutique Le local informe la clientèle que l’établissement, comme bien d’autres, est fermé. Cela n’empêche pas les propriétaires Marie-France Roy et Marc Gagné de s’activer pour sauver leur entreprise.

Ce n’est que depuis les Fêtes que les clients du Local peuvent faire des achats en ligne. « Nos ventes en ligne étaient très minces, explique Mme Roy. Nous offrons un service personnalisé, et les activités se concentrent surtout à la boutique. Mais cette semaine on a vécu une journée record pour nos ventes en ligne. On sent que les gens sont derrière nous et ça nous pousse à être doublement actifs et créatifs en ligne. »

Les mois d’avril et mai sont habituellement très bons pour les affaires à la Boutique Le local. C’est l’arrivée de la collection printemps-été. Mme Roy explique que les designers ont tous été payés à l’avance. Il revient donc aux propriétaires de vendre ce qu’ils ont déjà acheté. « On fait la livraison, insiste la copropriétaire. Marc utilise sa voiture. On peut livrer facilement dans un rayon de 20 km. »

Restos locaux et livraison

Tourisme Outaouais a par ailleurs publié sur sa page Facebook une liste de restaurateurs locaux qui offrent des services de prêt-à-emporter et de livraison dans différents secteurs de la région. L’organisme Vision centre-ville publie aussi sur son site Internet une liste de commerçants locaux et de restaurateurs qui demeurent ouverts ou accessibles en ligne.