Le parc de la Baie a été aménagé sur un ancien dépotoir. Lorsque l’eau se retirera, il faudra être particulièrement vigilant quant à la présence de contaminants toxiques.

La vigilance est de mise au parc de la Baie

Lorsque l’eau se retirera, la Ville de Gatineau devra faire preuve d’une vigilance particulière quant à une possible présence de contaminants toxiques à proximité du parc de la Baie, soutient le directeur du Centre eau, terre et environnement de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), Jean-François Blais.

Un ancien dépotoir comme le parc de la Baie, situé à proximité d’habitations, même s’il est seulement inondé en partie ou dans un secteur qui est saturé d’eau, « c’est une situation anormale », dit-il.

Quelques sections du parc sont actuellement inondées, ou à risque de l’être, selon les données fournies par la Ville de Gatineau sur la crue printanière. « Un relargage de ce que contient le site est possible, des contaminants pourraient quitter le site avec l’eau, explique M. Blais. Il y aura un suivi à faire sur le terrain pour déterminer les niveaux de contamination. Ce n’est pas très compliqué à faire, mais ça devra être vérifié et décontaminé en cas de besoin. »

La Ville de Gatineau affirme plutôt au Droit que les risques de contamination des terrains privés à proximité sont «faibles» et qu’il n’y a donc « pas de mesures à mettre en place en lien avec l’inondation du site ni suite au retrait des eaux». Lors de la fermeture définitive du site, en 1993, le ministère de l’Environnement avait conclu que la Ville n’a pas à procéder au pompage et au traitement des eaux de lixiviation, ajoute le service des communications de la Ville.

Le site du parc de la Baie donne périodiquement des maux de tête à la Ville de Gatineau. En août 2017, Le Droit révélait qu’une intervention d’urgence sur une superficie de 400 m2 avait dû être réalisée dans le parc en raison d’une contamination trop élevée au goût du ministère de l’Environnement et de la Direction de la santé publique. La Ville a toujours refusé de rendre public le rapport de caractérisation du sol fait à l’hiver 2017, mais la directrice de l’aménagement du territoire, Catherine Marchand, avait précisé que des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) avaient remonté à la surface. Ce contaminant provient essentiellement d’une combustion incomplète de matières organiques. En forte concentration, la substance peut être cancérigène.

« Il n’y aura peut-être rien de dangereux, mais avec un site d’enfouissement, il faut faire des analyses, insiste M. Blais. L’environnement et les gens pourraient être en contact avec des contaminants qui ne sont pas normalement en dehors d’un site d’enfouissement. On ne peut pas laisser les gens être possiblement en présence de ces contaminants. »

Aux dernières nouvelles, l’administration municipale continuait de travailler sur un vaste plan qui considérerait différents types de travaux au parc de la Baie. À l’été 2017, on parlait d’un plan d’action sur plusieurs années qui devait éventuellement être présenté aux élus. Il y a quelques semaines, le conseil municipal a identifié la décontamination du terrain de la Fonderie comme prioritaire pour profiter d’un programme de subventions du gouvernement du Québec. 

Une somme de 10 millions $ a été versée à cet effet par Québec. Le parc de la Baie a été écarté de ce programme.