L’agent Alexandre Simard se souvient que, même si les gens en parlaient peu ou pas, la détresse était palpable le jour de la tornade.

La tornade, dans les yeux du policier Alexandre Simard

En congé le jour des événements, le policier gatinois Alexandre Simard n’a pas hésité une seconde à empoigner le téléphone et faire des heures supplémentaires le 21 septembre 2018 lorsque sa conjointe, une paramédic, lui a envoyé un texto pour lui dire que ce qui semblait être une tornade venait de saccager le quartier Mont-Bleu.

« Elle m’a rappelé quelques minutes plus tard pour me dire qu’elle avait été attitrée à l’appel concernant l’incendie à l’école secondaire Mont-Bleu, elle a vu l’ampleur des dégâts. C’est à ce moment-là que je me suis dit que c’était clair qu’on manquerait de monde au Service de police (SPVG), que ça allait déborder. J’ai tout de suite appelé mon sergent de poste et lui ai demandé si on avait besoin de personnel. Il m’a répondu : oui, viens-t’en, ça presse. J’étais sur place à peu près 30 ou 45 minutes plus tard », se remémore le policier. Dans son métier, « on a le goût d’être là quand un tel événement survient », rappelle celui qui cumule 16 ans de carrière.

Une fois arrivé dans la rue parsemée de débris, on lui a demandé de s’occuper des sinistrés et de les diriger vers des autobus de la Société de transport de l’Outaouais déployés sur les lieux afin qu’ils se mettent à l’abri de la pluie et du temps frais.

Rapidement, en arrivant à bord de son autopatrouille et en voyant l’ampleur des dommages de ses propres yeux, il a réalisé qu’il serait en devoir durant plusieurs heures.

« Je me suis dit, ç’a cogné fort. C’était imposant, les dommages causés à certaines bâtisses », dit-il.

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Il affirme que même si les gens le verbalisaient peu ou pas, la détresse humaine était « palpable » dans le quartier.

« J’ai eu droit à toutes sortes de réactions, comme on le voit souvent face à des événements majeurs. Il y en a qui étaient très mécontents, d’autres étaient juste sur le neutre, alors que d’autres pleuraient ou faisaient pitié. Ils étaient gelés, alors on leur trouvait des couvertures et on essayait de les rassurer le plus possible. C’était surtout psychologique cette aide-là. On n’a pas eu de réels blessés, dans ces décombres-là, malgré tous les dommages qu’il y a pu y avoir. Je pense que le pire qu’il y avait, c’est quelqu’un qui a pilé sur un clou en sortant des décombres. On a vraiment été chanceux, c’est incroyable », raconte l’agent Simard.

Même si ça fait partie du boulot, ce n’était pas « évident » d’avoir entre autres comme tâche ingrate de bloquer l’accès à une rue pour empêcher que des gens retournent dans des structures fragilisées, en raison des risques de blessures. Heureusement, renchérit l’agent Simard, la majorité des évacués ont été compréhensifs et n’ont pas démontré de colère, malgré le stress qui les envahissaient.

Douze mois se sont écoulés depuis la tornade et plusieurs images se bousculent encore dans sa tête. Du nombre, l’une l’a marqué davantage.

« Une madame évacuée était assise dans l’autobus, en pleurs. [...] Elle était tellement sur le pilote automatique, pas expressive. Elle ne demandait absolument rien. On voyait qu’elle était en détresse, alors on a essayé de la rassurer », lance-t-il.