Les nouvelles règles concernant la gestion des déchets domestiques à la Ville de Gatineau ont été reportées à l’an prochain.

La tarification des poubelles remise à 2019

Gestion des poubelles à Gatineau, prise deux. Le service de l’environnement de la Ville a précisé, mardi, les nouvelles règles relatives à la gestion des matières résiduelles sur son territoire. La vigueur du débat public concernant ce dossier, ce printemps, a poussé l’administration à clarifier certains éléments et a convaincu la Ville d’agir avec un peu plus de « flexibilité ».

De fait, ce n’est finalement qu’en juillet 2019 que la quantité de déchets déposée à la rue sera limitée à 120 litres par collecte. « D’ici là, ce sera une implantation progressive, a fait savoir la présidente de la commission sur le développement du territoire, de l’habitation et de l’environnement, Maude Marquis-Bissonnette. On veut que les gens se pratiquent à faire du compost. Il n’y aura pas de tarification des surplus de déchets avant le 15 juillet 2019. Nous allons procéder à une analyse au cours de la prochaine année pour déterminer quelle sera la tarification retenue. Ce n’est pas un recul du tout. Nous avons annoncé nos orientations en mars. Le conseil nous a demandé de travailler sur la mise en œuvre de tout ça et c’est ce que nous faisons. »

La conseillère Louise Boudrias a toutefois tenu à saluer la décision de la Ville de « remettre à 2019 » la limitation des déchets et la mise en œuvre de la tarification. Mme Marquis-Bissonnette a repris sa collègue en affirmant que la ville fait plutôt « preuve de flexibilité et de prudence » dans ce dossier. Mme Boudrias a rappelé que les premières communications de la Ville à ce sujet laissaient entendre que la limitation et la tarification entreraient en vigueur dès cet été. 

Les citoyens recevront les nouveaux bacs gris de 120 litres destinés aux déchets entre les mois d’octobre et janvier prochains. Une somme de 5 millions $ a été réservée pour l’achat de ces nouveaux bacs. « Les gens pourront se pratiquer et de notre côté on pourra voir quelles sont les difficultés et ce qui va bien, a ajouté Mme Marquis-Bissonnette. Les cas particuliers comme les familles nombreuses, les garderies en milieu familial et les résidences intermédiaires feront l’objet d’une analyse. Des mesures d’accommodements seront proposées d’ici un an.

Nouveautés 2018

En attendant juillet 2019, les Gatinois vivront les premiers changements du nouveau PGMR dès le 15 juillet prochain. Le compost deviendra obligatoire pour tous, y compris pour les résidents habitant dans des multilogements. Les résidus de table et les matières recyclables seront interdites dans les ordures ménagères. 

Les encombrants et les résidus de construction seront également interdits dans les ordures ménagères. Ces matières ne seront d’ailleurs plus ramassées lors des collectes normales des ordures. La Ville organisera quatre collectes d’encombrants et de résidus de construction par année. Un service de don d’encombrants sur appel sera offert toute l’année par un organisme local d’économie sociale en contactant le 3-1-1. La fréquence de vidange des conteneurs d’ordures ménagères des immeubles à logements multiples sera réduite à une fois par deux semaines. Des levées supplémentaires seront possibles moyennant un le tarif prévu à la réglementation.

L'OUEST VEUT SON ÉCOCENTRE

L’utilisation grandissante des écocentres et l’abolition de la collecte des encombrants en même temps que celle des ordures ménagères force la Ville de Gatineau à revoir la façon de livrer ce service à la population. 

La directrice du service de l’environnement de la Ville, Chantal Marcotte, a précisé que l’achalandage des deux écocentres et le tonnage qui y a été déversé ont plus que doublé depuis que ce service est devenu complètement gratuit en janvier 2017. Il n’est plus rare de voir de longues files d’attente devant ces installations lors des jours d’ouverture. Si cette tendance est perçue comme une bonne nouvelle parce qu’elle est synonyme d’une meilleure gestion des encombrants et des résidus de construction produits sur le territoire, cela représente aussi un heureux problème pour la Ville. Déjà, il est prévu que les heures d’ouverture des écocentres seront prolongées cet automne. 

Besoin à l’ouest

Le conseiller du district de Lucerne, Gilles Chagnon, s’est dit « préoccupé », mardi, par le manque de service du type écocentre dans le secteur ouest de la ville. Il dit craindre que de plus en plus d’encombrants et de résidus de construction soient simplement abandonnés dans la nature, faute de service à proximité. « Un écocentre dans l’ouest devient nécessaire, a-t-il indiqué. J’ouvre les discussions là-dessus pour que ça devienne une priorité. Nous n’avons peut-être pas besoin d’un autre écocentre, mais à tout le moins la mise en place d’un terrain avec des conteneurs où les gens pourraient se rendre pour jeter leurs encombrants. »

La proposition du M. Chagnon est reçue avec ouverture de la part de la présidente de la commission du développement du territoire, de l’habitation et de l’environnement, Maude Marquis-Bissonnette. Cette dernière précise toutefois qu’il n’a pas été prévu au PGMR d’ouvrir un nouvel écocentre à Aylmer. Le financement pour le faire n’est donc pas réservé. 

« Pour que ça le devienne, il faudra avoir des discussions à la table du conseil et je suis tout à fait ouverte à ça », a-t-elle indiqué. Mme Marcotte a ajouté qu’une réflexion sur l’organisation des services rendus par les écocentres doit aboutir plus tard, le printemps prochain.