Le président de la STO, Gilles Carpentier

La STO prête à négocier «jour et nuit»

Tout en saluant la décision du syndicat des chauffeurs et employés de l'entretien de ne pas se lancer dans une grève générale illimitée, le président de la Société de transport de l'Outaouais (STO), Gilles Carpentier, lui « tend la main » pour un retour à la table de négociation.
La STO a réagi jeudi avant-midi à la décision syndicale qui prévoit notamment qu'à compter de vendredi matin, les employés n'effectueront plus d'heures supplémentaires.
« Le syndicat a choisi de ne pas aller en grève générale, et franchement, c'est une bonne nouvelle », a réagi Gilles Carpentier, en soulignant que cette mesure « ne veut pas dire qu'il n'y aura pas d'impact sur la clientèle ».
M. Carpentier tend par ailleurs la main au syndicat pour un retour aux négociations. « On est prêt à négocier jour et nuit s'il le faut », a-t-il mentionné.
Il n'est toutefois pas question pour l'employeur d'ouvrir la porte à ce que les mesures disciplinaires imposées récemment aux syndiqués fassent l'objet de discussions à la table de négociation. Le renouvellement de la convention collective et la gestion des mesures disciplinaires sont « deux processus distincts », a insisté le président de la STO.
Le syndicat avait annoncé le 6 janvier qu'il se retirait de la table de négociations, en déplorant que les mesures disciplinaires ayant été imposées à des membres de l'exécutif « pour avoir exercé leurs fonctions de représentants syndicaux ».
Les procureurs des deux parties se sont rencontrés jeudi après-midi. « Nos discussions se poursuivent et nous espérons franchir une nouvelle étape », ont-ils conjointement fait savoir. Une rencontre de médiation est à l'horaire vendredi, mais l'employeur ignore si la partie syndicale s'y présentera.
Selon le procureur de la STO, dans l'éventualité où le syndicat décide d'aller plus loin et d'entamer une grève générale illimitée, un nouveau préavis de 72 heures devrait être envoyé à la ministre fédérale du Travail.
Gilles Carpentier considère que le transporteur n'a « pas confondu » la population en évoquant la possibilité d'une grève générale illimitée, puisque le préavis du syndicat mentionnait le terme « grève », sans plus de détails.
La directrice générale de la STO, Line Thiffeault, a par ailleurs fait savoir que « pour l'instant », le recours à des briseurs de grève « n'est pas la stratégie qui est préconisée » par l'employeur.
Le président du syndicat, Félix Gendron, n'a pas voulu commenter, jeudi, la position de la STO.
Impact sur les services
Mme Thiffeault a indiqué qu'il est difficile pour l'employeur de savoir  jusqu'à quel point les services seront perturbés par la décision syndicale.
« Ce serait davantage des voyages sporadiques qui pourraient être cancellés », a-t-elle mentionné. Les voyages pour lesquels les autobus sont généralement pleins seront préservés autant que possible afin de favoriser les annulations sur ceux qui auront « moins d'impact » sur la clientèle.
La STO invite ses usagers à surveiller son site Internet pour obtenir les informations les plus à jour, et leur suggère de prévoir « un petit peu plus de temps pour leurs déplacements ».
Le transporteur assure que des « mesures compensatoires » seront offertes aux usagers dans l'éventualité où le service ne peut être offert.