Le conseil d’administration de la STO a confirmé, jeudi, sa participation à un premier appel d’offres conjoint avec d’autres sociétés de transport pour l’acquisition d’autobus articulés de 60 pi, entièrement électriques. Depuis deux ans, des véhicules hybrides circulent déjà sur le réseau de la société de transport.

La STO prépare sa migration vers l’électrique

La vitesse à laquelle la Société de transport de l’Outaouais (STO) migrera vers des véhicules entièrement électriques dépendra en très grande partie de la rapidité avec laquelle le gouvernement du Québec lui offrira les outils pour le faire. En attendant, le transporteur public des Gatinois a décidé de mettre en place une stratégie qui lui permettra d’être sur les blocs de départ le moment venu.

Le conseil d’administration de la STO a confirmé, jeudi, sa participation à un premier appel d’offres conjoint avec d’autres sociétés de transport pour l’acquisition d’autobus articulés de 60 pi, entièrement électriques. Le transporteur public s’est assuré d’avoir des options d’achat sur 24 véhicules d’ici 2024, et sur un total de 49 autobus d’ici 2026. Cela pourrait à terme représenter une dépense totalisant 116 millions $. La STO s’est toutefois engagée à n’acquérir que neuf de ces véhicules dont l’achat ne pourrait avoir lieu qu’en 2025 et 2026. 

Le directeur général de la STO, Marc Rousseau, explique que cette stratégie d’acquisition « ouverte et prudente » permettra à la STO de réagir rapidement lorsque le gouvernement du Québec annoncera ses programmes de subventions pour l’électrification des transports. 

« Québec nous demande de prendre le virage électrique en 2025, rappelle-t-il. Le problème c’est qu’actuellement, il n’y a toujours pas de programme de subvention pour l’achat d’autobus électriques ni pour aider au financement de toute la transformation nécessaire dans les infrastructures, notamment les garages. » 

Ainsi, si Québec devait annoncer ses programmes d’aide à temps pour 2022, la STO aura l’option, cette année-là, d’acheter dix véhicules électriques, sans toutefois y être obligée. 

La même stratégie a été adoptée pour les années 2023 et 2024. 

« Si le gouvernement offre des programmes intéressants pendant ces années-là, on sera capable d’être dans le coup, on pourra exercer nos options d’achats. » La stratégie contraint toutefois la STO à acheter des véhicules électriques en 2025 (5) et 2026 (4). 

« Nous étions à Québec, mercredi, pour rencontrer des fonctionnaires et des élus, explique M. Rousseau. Il y a beaucoup de discussions actuellement entre le gouvernement, Hydro-Québec et l’Association du transport urbain du Québec (ATUQ) pour qu’un leadership s’installe et qu’on puisse aller de l’avant avec les programmes de subvention. » 

Ces programmes, ajoute le patron de la STO, devront permettre l’achat de véhicules, mais aussi la transformation des installations et l’acquisition des équipements pour la recharge des autobus. À ce chapitre, la STO et d’autres sociétés de transport ont lancé, en début d’année, une étude pour définir les changements à considérer dans les infrastructures et dans l’ensemble du réseau. Les résultats sont attendus dans les premiers mois de 2020. 

« Il y a une grande volonté de la part du gouvernement d’accélérer le virage électrique et on est 100 % derrière cette idée, mais notre message c’est que ça va prendre des programmes de financement sinon on aura de la misère à faire le virage. »

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L’interdiction de voitures électriques dans les voies réservées recommandée

Gatineau pourrait bientôt statuer sur l’interdiction officielle pour les automobiles électriques d’utiliser les voies réservées au transport en commun. 

C’est du moins une des recommandations que fera au conseil municipal la commission des transports, déplacements durables et sécurité de la Ville de Gatineau présidée par la conseillère Audrey Bureau. 

La possibilité de permettre cet accès aux véhicules électriques ne faisait pas l’unanimité au sein du conseil et a suscité des discussions au cours des derniers mois. La décision reviendra toutefois au conseil municipal. 

La commission des transports recommande aussi qu’un plan de déploiement des bornes de recharges électriques pour les stationnements municipaux et sur les rues soit évalué par la commission du développement du territoire. 

La commission de Mme Bureau recommande aussi que soit évaluée la possibilité d’offrir des incitatifs financiers pour l’implantation de bornes de recharge dans les stationnements des multilogements existants. 

Le conseil municipal doit prochainement adopter des mesures favorisant l’électrification des transports dans le cadre de sa nouvelle réglementation sur les bâtiments verts. Un plan de réduction des gaz à effet de serre est aussi attendu au cours de l’année 2020.