Les pertes essuyées par les usagers de la STO équivalent, en moyenne pour un employé, à 21 jours de travail annuellement, selon Marc Séguin, l'économiste associé à la démarche citoyenne lentibus.ca.

La STO désertée par 300 usagers

La plus grande crainte du maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, en lien avec le Rapibus, serait en train de se concrétiser. Les usagers insatisfaits du Rapibus fuient par centaines le transport en commun, selon les dernières données provenant du questionnaire en ligne lentibus.ca.
Le retour de certaines lignes express tel que promis par le maire en campagne électorale et mis en application hier matin par la Société de transport de l'Outaouais (STO) avait un but bien précis, autre que celui de raccourcir les temps de trajet. Pour le maire, la priorité était d'éviter que les gens cessent d'utiliser le transport en commun. « Parce que quand ils le font, ils le font pour longtemps », disait-il d'ailleurs en octobre dernier.
Plus de 300 usagers réguliers de la STO auraient abandonné le transport en commun, en date du 1er janvier dernier, selon Marc Séguin, l'économiste associé à la démarche citoyenne lentibus.ca.
« Plusieurs avaient déjà abandonné l'autobus en novembre et en décembre, mais un bon nombre d'usagers attendaient aussi la fin de leur laissez-passer annuel pour quitter, dit-il. Certains étaient de fidèles usagers de la STO depuis plus de 20 ans. »
Ces données ne surprennent pas M. Séguin qui a analysé les « coûts d'opportunités » perdus par les usagers des lignes les plus problématiques du Rapibus. Dans certains cas, notamment pour les usagers des secteurs Masson-Angers et Buckingham, les temps de trajet ont augmenté de plus de 45 minutes par jour. M. Séguin précise que les données et leur analyse n'ont pas la prétention d'être scientifiques.
Les données préliminaires provenant des quelque 1300 répondants au questionnaire permettent à Marc Séguin d'affirmer que les pertes essuyées par les usagers de la STO équivalent, en moyenne pour un employé, à 21 jours de travail annuellement. « Sur la base d'un salaire de 30 $ de l'heure, ça représente des pertes de 4000 $ par année, précise l'économiste. C'est énorme et ça ne comprend pas les frais de garde additionnels que doivent débourser certains usagers dont les heures de passage du Rapibus ne correspondent plus aux heures d'ouverture et de fermeture des services de garde. »
Frais de garde
Des parents qui ne peuvent plus amener leurs enfants à l'école et qui doivent maintenant défrayer les coûts du transport scolaire, d'autres qui ont dû payer des frais de retard ou des heures supplémentaires à la garderie jour après jour ; les cas du genre ne sont pas isolés, d'après les commentaires compilés par lentibus.ca.
Les coûts varient grandement d'une personne à l'autre, mais l'augmentation moyenne mensuelle des dépenses en frais de garde pour les répondants concernés atteint 70 $.
Tant le cabinet du maire de Gatineau que la direction de la STO ont préféré ne pas commenter les données compilées par ce regroupement de citoyens-usagers de la STO.
Une réunion du conseil d'administration de la STO aura lieu jeudi.