En 2013, par exemple, les contribuables ont déboursé 8000 $ pour que la STO puisse souligner Noël au sein de son organisation.

La STO aime bien jouer au père Noël

Depuis 2007, la Société de transport de l'Outaouais (STO) a dépensé près de 225 000 $ en cadeaux de toutes sortes à ses employés. Le transporteur public offre même des journées de congé en cadeau.
C'est ce que révèlent des documents obtenus par LeDroit grâce à la Loi d'accès à l'information. La STO a toutefois omis d'inclure dans ses données les spectacles d'humour qu'elle a offerts à ses employés au cours des dernières années, comme celui de Réal Béland, le 18 janvier dernier, qui a coûté 18 000 $ et qui servait à remercier les employés qui ont travaillé à la mise en oeuvre du Rapibus.
Chaque année depuis 2007, la STO dépense des milliers de dollars pour des cadeaux de Noël à l'ensemble de ses employés. En 2013, les contribuables ont déboursé 8000 $ pour que la STO puisse souligner Noël au sein de son organisation.
Le transporteur public souligne aussi la reconnaissance d'années de service de certains employés chaque année. Les employés ciblés ont droit à un cadeau ou de s'offrir une journée de congé au frais de l'organisation. Il s'agit de leur choix. Depuis 2007, une trentaine de journées de congé ont été accordées sur cette base. Les chauffeurs qui n'ont pas d'accident ou les employés qui ont une « influence positive au travail » se voient aussi remettre un cadeau.
Le maire prudent
Questionné sur la pertinence du programme de reconnaissance des employés et les coûts qui en découlent pour les contribuables gatinois, le maire Maxime Pedneaud-Jobin est demeuré prudent.
« Il y a là-dedans des cadeaux qui vont aux chauffeurs qui n'ont pas d'accident ou qui ont un certain nombre d'années d'expérience, a souligné le maire. C'est important de valoriser l'expérience et le fait que des chauffeurs n'ont pas d'accident. Ils en sont fiers et ils doivent être reconnus pour ça. À mon avis, ce n'est même pas une dépense, mais plutôt un investissement. »
La prudence du maire s'arrête cependant là. « Est-ce qu'on doit donner des cadeaux de Noël à tout le monde, demande-t-il. Là, il faut se poser la question. Les institutions publiques doivent être prudentes face à leurs dépenses. Il faut voir l'impact de ça, ce que ça donne en réalité. S'il n'y a pas d'impact, je vais demander qu'on coupe cette dépense-là. »
M. Pedneaud-Jobin explique qu'il est facile de faire de la démagogie avec ce genre de programme de reconnaissance. Il n'est pas prêt à les éliminer parce que certains volets de ce programme ont des impacts positifs sur l'organisation. « C'est la même chose à la Ville de Gatineau, ajoute-t-il. Ce que je veux c'est qu'on analyse l'ensemble du programme et ça va faire partie de la révision des dépenses que nous ferons dans l'année qui vient. »
À Ottawa, OC Transpo n'offre aucun cadeau de reconnaissance à ses employés, autre que pour souligner le nombre d'années de service au sein de l'organisation municipale.
« La Ville d'Ottawa n'achète pas de cadeaux ou de certificats-cadeaux à ses employés, a répondu le greffier de la Ville d'Ottawa, Rick O'Connor. Des dépenses sont consenties à la reconnaissance de nos employés sous forme de prix pour de longues années de service. »