Denis Baril pose devant sa maison sur la rue Jacques-Cartier presque un an jour pour jour après les inondations de 2017.

La seconde vie d’une maison inondée

La scène n’a rien d’habituel. Une maison centenaire est carrément décollée du sol. Des structures de bois soutiennent les poutres sur lesquelles la résidence repose. Un an après les inondations qui ont lourdement endommagé leur propriété, Denis Baril et sa femme en ont encore pour environ six mois d’attente avant de pouvoir retrouver leur vie d’avant.

Bien perchée sur l’impressionnante structure installée là où se trouvaient ses fondations, la maison de la rue Jacques-Cartier appartenant à M. Baril s’apprête à avoir une seconde vie.

Il s’agit d’une des deux seules propriétés gatinoises pour lesquelles des propriétaires se sont prévalus de la dérogation à portée collective autorisée par Québec pour permettre la reconstruction, dans une zone inondable, d’une résidence déclarée perte totale.

« Si on m’avait dit non, je me serais battu, affirme sans hésiter M. Baril. Le maire et la conseillère ont fait une job extraordinaire. Tout le monde a fait son gros possible, autant le monde municipal que le monde provincial. »

La maison de la rue Jacques-Cartier appartenant à Denis Baril s’apprête à avoir une seconde vie.

C’est le 3 mai 2017 que M. Baril et sa conjointe ont quitté leur maison qui borde la rivière Gatineau.

« L’eau avait monté d’à peu près 18 pouces au rez-de-chaussée », se souvient l’homme, rencontré à côté du chantier où s’activent ces jours-ci les ouvriers chargés de faire une nouvelle fondation immunisée.

Depuis un an, le couple habite dans un petit logement qui lui appartenait déjà avant le sinistre. Selon M. Baril, il faudra encore « à peu près six mois » de travaux. « Il y a du monde qui vivent des choses pires que ça », laisse tomber le propriétaire, qui tente de voir strictement « le positif ».

Une fois la nouvelle fondation en place, d’autres travaux intérieurs seront nécessaires. Tant qu’à se lancer dans l’aventure, le couple a choisi de faire disparaître le recouvrement de vinyle au profit du bois afin de redonner ses allures de jeunesse à la maison, bâtie en 1900.

Denis Baril est conscient que ce ne sont pas tous les sinistrés qui peuvent, comme lui, sauver leur maison. Plusieurs se sont résignés à démolir leur propriété.

« Je pense que le gouvernement ne va pas assez vite dans les dossiers, donc l’incertitude des gens est énorme », affirme le citoyen.

Dans le cas de M. Baril, il ignore encore quel montant il obtiendra de Québec en guise d’indemnisation. Chaque sou qu’il dépense actuellement sort de ses poches. Il anticipe que la facture dépassera la valeur marchande de la résidence.

Malgré l’ampleur de la tâche et les mois hors de sa maison qui s’accumulent, Denis Baril ne perd pas son sourire. « Il faut regarder toutes les affaires positives, réitère-t-il. […] Il n’y a pas personne de mort. »