La rue Jacques-Cartier sera complètement rouverte à la circulation automobile le lendemain de la fête du Travail, le 8 septembre prochain.
La rue Jacques-Cartier sera complètement rouverte à la circulation automobile le lendemain de la fête du Travail, le 8 septembre prochain.

La rue Jacques-Cartier rouvrira le 8 septembre

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Le très attendu débat sur la réouverture de la rue Jacques-Cartier, à Gatineau, a donné lieu à des moments politiques épiques, mardi, lors du caucus préparatoire au conseil municipal. Les conseillères Myriam Nadeau et Louise Boudrias ont rivalisé de stratégies politiques qui ont par moment forcé le président du conseil, Daniel Champagne, à se tourner vers la greffière et la haute direction de la Ville pour s’assurer du respect des règlements de régie interne.

Le débat qui s’est étendu sur plus d’une heure a été à ce point vif et complexe qu’il a presque réussi à reléguer au second plan la décision prise par le conseil quelques heures plus tard. La conclusion de cette longue discussion est cependant très simple. La rue Jacques-Cartier sera complètement rouverte à la circulation automobile le lendemain de la fête du Travail, le 8 septembre prochain.

Toutefois, tant Mme Boudrias qui souhaitait mettre fin au projet pilote dès le 1er septembre que Mme Nadeau qui proposait de poursuivre l’expérience jusqu’à la fin septembre, mais uniquement les fins de semaine et les jours fériés, ont eu gain de cause. «Je crois que tous ces jeux politiques auxquels nous avons assisté ont mené au meilleur compromis possible pour tout le monde», a philosophé Mme Boudrias au terme du débat.

La conseillère Louise Boudrias

Action Gatineau vs indépendants

Mme Boudrias avait déjà annoncé son intention de déposer séance tenante une proposition qui si elle était adoptée aurait mis fin au projet pilote de corridor sanitaire sur la rue Jacques-Cartier dès mardi prochain. Mme Boudrias avait toutefois besoin des deux tiers des membres du conseil pour que sa résolution soit débattue et portée au vote. Comme si la situation n’était pas déjà assez complexe, une panne d’électricité dans le secteur Gatineau survenue au moment même où le conseil se prononçait à distance sur le dépôt de la résolution a compliqué l’exercice sans toutefois nuire au processus démocratique. Mme Boudrias a finalement perdu la possibilité de déposer officiellement sa résolution parce que les membres d’Action Gatineau s’y sont opposés en bloc.

La conseillère Myriam Nadeau

Dès ce vote terminé, Mme Nadeau a sorti un lapin de son chapeau en utilisant exactement la même stratégie que sa collègue Boudrias pour proposer un compromis qui permettait la réouverture de la rue Jacques-Cartier pendant les jours de semaine jusqu’à la fin du mois de septembre. Les indépendants avaient à ce moment le choix d’appuyer la proposition de Mme Nadeau ou d’accepter le statu quo qui aurait prolongé la fermeture de la rue jusqu’au mois d’octobre.

Mme Boudrias n’avait cependant pas dit son dernier mot et a proposé un amendement à la proposition de Mme Nadeau. L’amendement de Mme Boudrias proposait de mettre fin au projet pilote après la fête du Travail. Seuls le conseiller Cédric Tessier et le maire Maxime Pedneaud-Jobin s’y sont opposés. En soirée, le conseil a finalement été unanime derrière la proposition de Mme Nadeau amendée par Mme Boudrias.

«Je suis déçu de ne pas avoir été en mesure de déposer ma résolution, a affirmé Mme Boudrias. Je n’ai pas réservé le même sort à Mme Nadeau parce que moi je suis quelqu’un de compromis et je suis capable de travailler avec tous mes collègues. Je suis quand même satisfaite de la conclusion parce que j’ai représenté les gens qui m’ont demandé de le faire dans ce dossier. Moi, j’ai écouté dès le départ les gens à mobilité réduite, les personnes âgées et les commerçants du secteur qui souhaitaient rouvrir la rue. Je suis heureuse de la tournure des événements et du compromis qu’on a pu trouver.»

Le maire Pedneaud-Jobin a pour sa part salué la recherche de compromis de Mme Nadeau. «Beaucoup de gens ont souligné qu’il y avait des inconvénients et elle a voulu les écouter, a-t-il dit. Pour ma part, j’aurais préféré qu’on aille au bout de cet exercice plutôt que de rouvrir la rue plus rapidement, mais la volonté du conseil était autre. Ce même débat a eu lieu partout au Québec. Les villes ont pris des mesures rapidement dans le cadre de la COVID-19, mais cela a fait ressortir les mêmes débats auxquels on assiste chaque fois qu’on veut fermer une rue, notamment sur les impacts pour les commerçants et sur les changements d’habitudes pour les gens.