Les grands travaux au cœur du centre-ville de Gatineau connaissent un important dépassement de coûts qui frôlent les 8 millions de dollars, selon les données du directeur du service des infrastructures.

La revitalisation du centre-ville de Gatineau coûtera plus cher que prévu

Les grands travaux de revitalisation dans le cœur du centre-ville de Gatineau font l’objet d’un important dépassement de coûts de tout près de 8 millions $, a révélé, mardi matin, le directeur du service des infrastructures. La fin des travaux prévue initialement cette année est aussi reportée de deux ans.

Pour plusieurs élus autour de la table il s’agit d’une « méchante surprise ». Estimée à 11,6 millions $ en 2014, la facture totale pour le réaménagement du secteur Laval-Kent-Aubry, un élément phare du programme du précédent conseil, grimpera à plus de 21 millions $. L’administration propose au conseil de puiser les fonds manquants dans les réserves du Plan triennal des immobilisations de 2019, ainsi que dans le prochain Plan de développement des infrastructures 2019-2022. Des montants qui proviennent d’une subvention d’Hydro-Québec pour l’enfouissement des fils (1,3 million $) et d’une taxe d’amélioration locale payée sur 20 ans par un tiers privé (837 000 $) seront éventuellement remboursés à la Ville.

Le président du comité exécutif, Cédric Tessier, a indiqué que les élus auront à se prononcer sur la façon de combler le manque à gagner lors du conseil du 22 octobre prochain. 

Il a déjà été déterminé qu’aucun des travaux prévus cette année ne sera en chantier avant la fin du printemps prochain. Ce deuxième report aura pour effet de repousser de huit à dix mois la prochaine phase des travaux.

La fin de ce grand chantier aura lieu deux ans plus tard que prévu au calendrier initial.

Préoccupations et inquiétudes

Les signaux annonçant une flambée des prix dans le domaine de la construction ne sont pas nouveaux à Gatineau ni ailleurs au Québec. La pénurie de la main-d’œuvre et l’augmentation des budgets des trois ordres de gouvernement pour réaliser des travaux d’infrastructures importants ont un impact direct sur le marché, a rappelé le directeur du service des infrastructures, Jean Audet. 

Déjà, l’an passé, le conseil municipal avait décidé de rejeter la soumission pour l’enfouissement des fils électriques dans ce secteur parce qu’elle était de 48 % supérieure à ce qui avait été estimé. 

La Ville a modifié sa stratégie d’appel d’offres en y combinant la troisième phase des travaux touchant l’aménagement urbain, mais un seul entrepreneur s’était manifesté lors de l’ouverture des soumissions, en juin dernier. Son prix est supérieur de 41 % par rapport aux estimations de la Ville.

« C’est une préoccupation à la grandeur du Québec et l’explosion des coûts est une grande inquiétude alors que tous les paliers de gouvernement augmentent leurs investissements pour les travaux d’infrastructures », a indiqué le maire Maxime Pedneaud-Jobin. Ce dernier a ajouté que la Ville pourrait être forcée de revoir la planification de ses travaux d’infrastructures si la tendance à la hausse se poursuit.

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Aucun des travaux prévus cette année ne sera en chantier avant la fin du printemps prochain.

CARPENTIER APPELLE GATINEAU ET OTTAWA À PLANIFIER LEURS TRAVAUX ENSEMBLE

Les villes de Gatineau et d’Ottawa auraient avantage à planifier ensemble leurs travaux d’infrastructures afin de mieux affronter les assauts inflationnistes du marché de la construction, croit le conseiller Gilles Carpentier. 

« J’aime mieux rêver en couleur que de ne pas rêver du tout », a lancé le conseiller lorsqu’interrogé à savoir s’il n’était pas utopiste de penser que les deux villes voisines allaient étendre leur collaboration jusqu’à planifier ensemble leurs chantiers respectifs. « Si les villes ne se parlent pas et continuent de travailler en parallèle, ça peut devenir problématique », a-t-il ajouté.

Comme plusieurs, M. Carpentier a noté l’impact que la pénurie de la main-d’œuvre, ainsi que de la forte demande pour des travaux d’infrastructures sur la hausse des prix. 

« On est une région qui est riche, qui a des moyens, a noté le conseiller. Ottawa a un grand nombre de projets, on a les nôtres et à travers ça il y a un petit nombre d’entrepreneurs qui se montrent intéressés. Je suis inquiet et toutes les villes du Québec doivent aussi l’être. »

M. Carpentier s’attend à ce que les firmes d’ingénieurs et les professionnels embauchés par la Ville pour préparer et planifier les travaux d’infrastructures intègrent les nouvelles variables présentes dans le marché dans leurs estimations futures. 

De cette façon, dit-il, les élus pourront avoir un portrait plus clair de la situation lorsque vient le temps de réserver les sommes nécessaires à la réalisation des travaux.