Michel Riberdy, président de la Société d’histoire de Buckingham

La prochaine étape, c’est maintenant

L’Outaouais pourrait faire un bon pas en avant dans ses efforts pour obtenir son musée régional en 2018. La mobilisation du milieu du patrimoine et de la culture, l’avancée récente des travaux et l’élection provinciale qui se profile à Québec laissent entrevoir une prochaine année charnière pour l’avenir du projet.

Les grands musées nationaux ne manquent pas dans la région, mais l’histoire de l’Outaouais n’a pas encore officiellement une place bien à elle. L’Outaouais demeure à ce jour la seule région du Québec à ne pas bénéficier d’un musée régional financé sur une base récurrente par le ministère de la Culture du Québec. 

« Tout devient plus concret, note Michel Riberdy, vice-président du Réseau du patrimoine de Gatineau et de l’Outaouais. On a précisé notre démarche et pris en charge le concept. C’est le Réseau qui a le ballon entre les mains. Si tout va bien, on rentrera bientôt dans la phase de l’étude de faisabilité. Nous travaillerons sur de véritables plans pour un projet, mais cette fois avec des experts en muséologie et dans plusieurs autres domaines. »

Ils sont plusieurs dans le milieu culturel et du patrimoine à s’attendre à une annonce gouvernementale en 2018. Ils ne s’attendent pas à de la brique et du mortier, pas tout de suite, mais à tout le moins au financement nécessaire pour embaucher l’expertise pertinente qui sera en mesure de donner naissance à un tel projet. 

« La prochaine étape sera d’engager un chargé de projet, une personne qui aura comme rôle de lancer une étude de faisabilité et de préciser les concepts, note M. Riberdy. Les fils commencent à s’attacher. Présentement, la Ville de Gatineau joue un rôle important pour la suite des choses dans le dossier avec les partenaires gouvernementaux. »

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin perçoit lui aussi un alignement positif des astres dans le ciel de l’Outaouais. « Il y a une élection qui s’en vient et j’espère que le projet sera déposé à temps par nos partenaires pour que ça en fasse partie », a-t-il lancé en guise de rappel de l’importance des prochains mois qui viennent sur la scène provinciale. 

« Une infrastructure muséale régionale en Outaouais serait un lieu d’introduction à l’histoire et à la singularité de l’Outaouais qui lancerait une invitation à la découverte plus approfondie de la région, conclut le Réseau dans son document de présentation rédigé en janvier dernier. Cette infrastructure pourrait servir à l’acquisition, à la conservation et à l’interprétation du patrimoine de l’Outaouais, permettre la présentation d’expositions permanentes et temporaires et offrir une programmation culturelle et éducative diversifiée s’adressant à un large public. »

PAS UNE COMPÉTITION

Les gens auraient tort de penser qu’un musée régional n’arriverait pas à tirer son épingle du jeu aux côtés des gros musées nationaux comme celui de l’histoire, des Beaux-arts, de la nature, de la monnaie, de la guerre, de l’aviation et des sciences et de la technologie, tous réunis dans un périmètre de quelques kilomètres.

«Ce n’est pas une compétition, insiste Michel Riberdy, vice-président du Réseau du patrimoine de Gatineau et de l’Outaouais. C’est de notre histoire régionale qu’il est question. On arriverait aisément à nous distinguer. Les musées nationaux pourraient même devenir des partenaires complémentaires.»

La couleur régionale est d’ailleurs de plus en plus distinctive dans les petits musées de la région. La forêt et les rivières ont toujours joué un rôle majeur dans le développement de la région. L’industrialisation a été forte, rapide et intimement liée aux pâtes et papiers. De plus en de gens tentent d’ériger l’Outaouais comme la capitale de la drave. La région en entier était jadis un haut lieu de la présence des Premiers Peuples et de leur tissu commercial.

«Si l’Outaouais se dote d’une infrastructure muséale régionale, celle-ci devra […] servir d’institution phare pour les habitants de la région, agissant à la fois comme une vitrine sur l’Outaouais et comme porte d’entrée du Québec, soutient le Réseau du patrimoine. Le projet idéal se réaliserait dans un esprit d’ouverture et de dialogue avec les organismes du milieu, dont certains sont en activités depuis plusieurs décennies. Il serait le fruit d’un travail concerté, réalisé collectivement.»

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