Selon l'AFIO, la société doit favoriser une meilleure intégration des nouveaux arrivants.

La position de Gatineau sur la Charte en forte demande

Après la sortie publique du Centre islamique de l'Outaouais, voilà que deux autres organismes oeuvrant auprès des immigrants pressent la Ville de Gatineau de mettre fin au suspense et de prendre position au sujet de la charte de la laïcité.
À l'Association des femmes immigrantes de l'Outaouais (AFIO), la directrice Claude Yvette Akoun précise que son organisme a pris position contre le projet de loi ces dernières semaines, le jugeant « discriminatoire » dans sa forme actuelle. « Peu importe la position, la Ville de Gatineau doit ajouter son grain de sel au débat. [...] La proportion de gens immigrants est en hausse d'année en année sur notre territoire et il s'agit surtout de femmes », dit-elle.
À son avis, la société doit favoriser une meilleure intégration des nouveaux arrivants. Il y aurait moyen de trouver un terrain d'entente convenant à tous. « On doit prendre les problèmes en amont et apporter des solutions, plutôt que de créer un projet comme la Charte. Il faut plutôt offrir de l'aide directe aux organismes sur le terrain. Il y a beaucoup de préjugés », affirme Mme Akoun.
Quelque 450 femmes ont eu recours aux services de l'AFIO, en 2012-2013, contre plus de 475 dans l'année financière en cours.
« Clarifier les choses »
Chez Service Intégration Travail Outaouais (SITO), qui offre des services d'aide à l'emploi aux personnes immigrantes, on abonde dans le même sens.
« La Ville doit se positionner parce qu'en ce moment, c'est un peu nébuleux. Il faut clarifier les choses. En fait, selon moi, toutes les institutions publiques comme les commissions scolaires, les cégeps, les universités ou même les associations de gens d'affaires devraient émettre leur opinion », indique le directeur général Robert Mayrand.
Ce dernier a hâte que le débat de la charte de la laïcité fasse place à d'autres enjeux.
« Nous sommes d'accord pour la notion d'égalité hommes-femmes, la laïcité et la lutte contre l'intégrisme, mais sur le terrain, les signes religieux n'ont aucune incidence sur le travail. Si un juif orthodoxe porte la barbe, mais qu'une femme ne peut porter le voile, il y a deux poids deux mesures. Il y a ambiguïté. »