Le Parc Jacques-Cartier

La Place des festivals forcée de revoir sa mission

L’ébauche du plan d’aménagement des berges de la rivière des Outaouais présentée par la Commission de la capitale nationale (CCN), il y a quelques semaines, représente ni plus ni moins que le dernier clou dans le cercueil du projet de la Place des festivals tel qu’imaginé au départ par le promoteur Claude Hamelin pour animer le parc Jacques-Cartier. Le Droit a appris que la corporation Place des festivals entend maintenant revoir sa mission et préciser le rôle qu’elle entend jouer dans le futur.

Le plan final de la CCN doit être complété d’ici la fin de 2018, mais la société d’État confirme officiellement qu’elle conservera la gestion du parc Jacques-Cartier. Le porte-parole de la CCN, Mario Tremblay, ajoute qu’un comité consultatif dont la composition sera annoncée en avril aura comme mandat de donner son avis sur les usages possibles sur les berges. La corporation Place des festivals n’a pas été retenue pour siéger au sein de ce comité. « Comme tout autre organisme ou groupe, Place des festivals sera invité à présenter ses idées au comité consultatif », précise M. Tremblay. 

La présidente de Place des festivals, Louise Boudrias, admet vivre « une grande déception » en voyant la corporation être mise à l’écart des décisions relatives à l’animation du parc Jacques-Cartier. « On s’était fait promettre d’y être, mais les choses ont changé, la CCN a décidé qu’elle ne voulait plus d’une organisation qui joue un rôle de promoteur autour de cette table », soutient Mme Boudrias. 

La conseillère municipale reconnaît que la nouvelle donne force la corporation Place des festivals à revoir son rôle, sa mission et son approche. « Il faut développer une nouvelle stratégie de négociation avec la CCN, dit-elle. Le modèle que nous proposions a été rejeté. C’est beau d’avoir des idées et un projet, mais s’il n’y a rien à faire avec le propriétaire du terrain, ça nous force à revoir nos façons de faire. »

Cette réflexion, le conseil d’administration de Place des festivals doit l’avoir d’ici la fin du mois de mars. L’organisation souhaite se doter d’un nouveau plan d’action qui, souhaite-t-elle, lui permettra de trouver un terrain d’entente avec la CCN. « Le but ultime demeure de pouvoir animer le parc Jacques-Cartier pour attirer des touristes et des retombées intéressantes pour la Ville de Gatineau et l’ensemble de l’Outaouais », rappelle Mme Boudrias. 

Miser sur la prospection

La décision reviendra au conseil d’administration à la fin mars, mais tout semble indiquer que l’avenir de la corporation Place des festivals passera par la prospection d’événements. L’organisation joue d’ailleurs déjà ce rôle. C’est grâce à ses efforts que le Cirque du Soleil a présenté son spectacle Volta sur le site Zibi, la Place des festivals temporaire, l’été dernier. 

Mme Boudrias rappelle qu’il y a actuellement un vide à Gatineau, alors que peu d’organisations font de la prospection d’événements. « La CCN, la Ville de Gatineau ou encore Tourisme Outaouais, ce n’est pas leur rôle de faire de la prospection, dit-elle. Il faut arrêter de penser que les grands événements vont naturellement venir ici. Il faut aller cogner à leur porte et c’est ce que nous pouvons faire. On fait des approches, on offre un endroit, on négocie ce que ça prend pour les attirer et on joue les entremetteurs avec nos partenaires. On met en place les conditions gagnantes pour attirer de grands événements chez nous. »

LA PLACE DES FESTIVALS EN CHIFFRES

Un premier protocole d’entente a été signé entre la Ville de Gatineau et la corporation Place des festivals en janvier 2015. 

Ce même protocole a été amendé en 2016 et la Ville a versé un montant de 300 000 $ à la corporation. Le protocole d’entente a par la suite été amendé à deux reprises. Ces changements ont été respectivement accompagnés de subventions de 41 737 $ et 50 000 $. 

Ainsi, depuis sa création, la corporation Place des festivals a bénéficié de 391 737 $ provenant des contribuables gatinois. 

UN ÉVÈNEMENT PAR MOIS SUR LE SITE ZIBI CET ÉTÉ

En attendant de pouvoir négocier une façon de participer à l’animation du parc Jacques-Cartier, la corporation Place des festivals entend bien continuer de jouer son rôle en animant le site Zibi pendant encore quelques années. 

La venue du Cirque du Soleil, l’an passé, a été un succès retentissant, tant au niveau de la participation que pour les retombées économiques dans le centre-ville de Gatineau. 

Le cirque le plus populaire au monde ne sera pas de retour à Gatineau, cet été, mais la présidente de Place des festivals, Louise Boudrias, confirme de l’organisation concocte actuellement une programmation qui permettra à nouveau d’attirer les foules dans le Vieux-Hull. 

« On va continuer »

« La Ville a investi un montant, l’an passé, pour que le site Zibi soit aménagé, rappelle Mme Boudrias. On va continuer d’animer ce site pendant quelques années, jusqu’à ce que Zibi commence à construire ses condominiums à cet endroit. Pour l’été qui vient, par exemple, on compte offrir un événement par mois sur ce site. Il y aura des événements qu’on connaît déjà à Gatineau, mais qui se dérouleront sur ce site et qui seront bonifiés. Il y aura aussi des événements qu’on n’a jamais vus à Gatineau. Il s’agit d’activités à moyen déploiement. Attirer dans ce secteur entre 400 et 500 personnes par soir, c’est très bien. C’est bon pour le centre-ville et les commerçants. » 

La programmation officielle sera connue d’ici quelques semaines. La corporation poursuit ses discussions avec le Cirque du Soleil afin de ramener le grand chapiteau sur le site Zibi dès 2019.

AMÉNAGER ET ANIMER LES BERGES DE LA RIVIÈRE DES OUTAOUAIS SELON LA CCN

L’aménagement des berges de la rivière des Outaouais sera l’un des principaux chantiers de la Commission de la capitale nationale (CCN) au cours des prochaines années. Le travail amorcé en 2014 et trois consultations publiques ont mené à la publication, il y a quelques semaines, d’une première ébauche du plan d’aménagement des berges. Un plan final et le budget qui y sera associé seront présentés au conseil d’administration de la CCN pour approbation en avril prochain. La mise en oeuvre du plan d’action qui s’en suivra est prévue à l’automne prochain. 


Parc Jacques-Cartier nord

  • Renforcer la valeur écologique du parc.
  • Mettre en valeur l’édifice patrimonial Gilmour-Hughson.
  • Poursuivre les recherches archéologiques.
  • Aménager une installation de mise à l’eau de petites embarcations non motorisées.
  • Permettre une offre d’activités attrayantes pour en faire une destination.
  • Réserver une partie du terrain en vue de l’établissement futur d’une institution culturelle nationale.
  • Accueillir des événements de grande envergure (plus de 12 000 personnes).
Le couvent de la rue Jacques-Cartier

Le couvent et ses alentours

  • Mettre en valeur l’architecture du couvent.
  • Donner au couvent une vocation qui contribuera à l’espace récréatif du parc (ex. centre culturel, centre d’exposition, musée, hôtel, restauration).
  • Rendre le rez-de-chaussée du couvent accessible au public.
  • Réaménager les espaces derrière la couvent et les intégrer au parc.
Le Parc Jacques-Cartier sud, près de la marina de Hull

Parc Jacques-Cartier sud

  • Protéger la maison Charron.
  • Ajouter des services récréatifs et commerciaux complémentaires à l’expérience riveraine.
  • Créer un lieu dynamique et agréable sur le quai, la rampe de mise à l’eau, la capitainerie et l’accès à la marina.
  • Accueillir des événements de moyenne envergure (moins de 12 000 personnes).
  • Offrir des infrastructures de soutien aux activités du parc.
Le Musée canadien de l’histoire

Terrains du Musée canadien de l’Histoire

  • Aménager les sites pour offrir les meilleurs points de vue.
  • Protéger et mettre en valeur la tour de lessivage.
  • Mesures pour prévenir l’érosion des berges.
Le Ruisseau de la Brasserie, près du Théâtre de l’île

Ruisseau de la Brasserie

  • Contribuer aux efforts de naturalisation des berges du ruisseau.
  • Aménager un espace public s’intégrant au secteur culturel Montcalm.
  • Permettre la construction de bâtiments ayant des fonctions culturelles à rayonnement régional.
  • Rendre possible la pratique d’activité sur le ruisseau.