La fermeture de la piscine extérieure du secteur Masson-Angers, à Gatineau, cause bien des soucis autour de la table du conseil lors de l’étude du budget.

La piscine extérieure de Masson-Angers fait des vagues à Gatineau

La piscine publique Jack-Eyamie, dans le secteur Masson-Angers, a provoqué bien des remous, mardi, dans le cadre de la deuxième journée de l’étude du budget 2019 de la Ville de Gatineau. Le conseil a appris que cette piscine, qui a été fermée tout l’été en raison d’un bris majeur, ne rouvrira jamais. La reconstruire coûterait au moins 1,3 million de dollars, et pour financer le projet, le service des loisirs a proposé de repousser d’au moins trois ans 16 projets plus mineurs dans d’autres parcs de la ville.

La réaction de plusieurs élus a été sans équivoque. Un commentaire de la conseillère Louise Boudrias a bien traduit la réception qu’ont réservée bien des conseillers à cette recommandation. « On veut repousser l’ajout de sable dans des parcs de mon quartier, là où il y a des balançoires pour les enfants, et il faudrait que j’accepte qu’on reporte ça, a-t-elle déploré. C’est une question de sécurité. Essayez d’expliquer aux citoyens pourquoi il n’y a pas assez de sable pour protéger les petits dans les parcs. » 

Les fonctionnaires venus présenter le nouveau plan d’investissements communautaires se sont donc fait dire de retourner faire leurs devoirs. Ils proposaient une transition pour les années 2019 et 2020 et l’introduction d’une planification complète pour les années 2021 à 2025. Ils devront toutefois revenir au conseil avec de nouvelles recommandations dès jeudi. 

Mystère 

Ce qui est toutefois surprenant, c’est que personne dans l’administration n’a été en mesure de confirmer ce qui s’est réellement passé avec la piscine Jack-Eyamie entre l’hiver et l’été dernier. Une étude de la firme Planifika réalisée en 2013 sur l’état des piscines extérieures de la Ville, mais qui encore à ce jour n’a jamais été présentée publiquement, stipulait, selon le conseiller Marc Carrière, que cette piscine était encore en bon état.  

Elle a « peut-être » été victime de négligence dans son entretien, a laissé entendre le conseiller. 

« Le rapport disait que cette piscine était en santé, a-t-il indiqué. Peut-être que c’est un mauvais entretien hivernal. Le reste on ne le saura peut-être jamais. » M. Carrière est toutefois d’avis que les citoyens de son quartier n’ont pas à payer pour ce qui est arrivé. 

« Le besoin est clairement là, c’était un service existant pour lequel il y a eu une rupture, a-t-il rappelé. Il faut agir rapidement. » Ce dernier est ouvert à ce que l’administration tente de trouver une autre source de financement pour reconstruire la piscine, ce qui permettrait de préserver les 16 projets que le service des loisirs proposait de reporter à plus tard.  

Le président de la commission des sports et des loisirs, Pierre Lanthier, a aussi plaidé l’ignorance dans ce dossier. 

« Peut-être qu’il y a lieu de pousser nos recherches par rapport à ça et tenter de valider ce qui s’est passé. » Le porte-parole du comité exécutif, Cédric Tessier, n’était, lui aussi, pas en mesure de préciser comment cette piscine est passée d’un stade pleinement opérationnel à une fermeture définitive. Il a ajouté ne pas avoir cherché à le savoir non plus. L’administration n’avait pour sa part aucune information à partager à ce sujet, malgré plusieurs demandes des médias. 

Le cas de la piscine Jack-Eyamie ramène à l’avant-scène toute la question du maintien des piscines municipales extérieures.  

Malgré que la Ville a entre les mains un rapport sur l’état de décrépitude de ces infrastructures depuis cinq ans, c’est maintenant qu’elle se questionne sur la suite des choses. « La grande question c’est que voulons-nous faire avec ces piscines qui arrivent toutes en fin de vie, a indiqué M. Tessier. On va aller dans les quartiers, consulter la population. Pour que le conseil prenne une décision, il doit avoir toute l’information et c’est ce qu’on n’a pas en ce moment et qu’on n’avait pas il y a un an et demi. »