Des citoyens du quartier du Faubourg, dans le secteur Aylmer, sont mécontents du travail de leur conseiller, Mike Duggan.
Des citoyens du quartier du Faubourg, dans le secteur Aylmer, sont mécontents du travail de leur conseiller, Mike Duggan.

La garderie qui fait déborder le vase

Ils étaient là, une dizaine de citoyens, à tenter de respecter les deux mètres de distance dans la petite ruelle qui borde l’école primaire Rapides-Deschênes où ils avaient donné rendez-vous au journaliste du Droit. Juste à côté, le 147 chemin Vanier, une maison résidentielle qui doit bientôt être agrandie et transformée en garderie de 80 places. Le projet est conforme. Le zonage, les usages et le plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA), tout y est. Cela n’empêche pas le voisinage de maugréer.

« Oui, on est des fonctionnaires, on a des belles maisons à 500 000 $, et les gens vont dire qu’on fait juste chialer pour ne pas avoir de garderie, lance Daniel Riendeau, un résident du quartier du Faubourg. On comprend les besoins d’une garderie. Ce qu’on demande, ce sont des aménagements pour répondre aux craintes de la communauté. Il va y avoir des graves problèmes de stationnement, de circulation et de vitesse dans nos rues. »

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Martin Maisonneuve, qui habite le quartier juste en face, s’inquiète aussi des enjeux de circulation que cette garderie viendra ajouter à ceux déjà présents dans le secteur. « C’est fort le syndrome de la porte, rappelle-t-il. Ça va venir se stationner partout autour pour être le plus près possible de la porte pour reconduire leur enfant à l’école où à la garderie. La garderie ne prévoit que 15 stationnements. Il faut ajouter à ça les livraisons de nourriture et le ramassage des ordures. Du va-et-vient continuel, des automobilistes qui entrent et qui sortent de partout. Ça va être dangereux. »

La brigadière qui fait habituellement traverser le chemin Vanier aux enfants pendant l’année scolaire corrobore les propos de ses voisins. « Je finis par diriger la circulation, lance Hélène McKenny. Il y a des embouteillages, du monde pressé, c’est dangereux. Les gens vont vite, et se stationnent n’importe où. »

La venue d'une nouvelle garderie dans leur quartier inquiète Martin Maisonneuve et la brigadière Hélène McKenny.

Odeur et marteau piqueur

Bien vite, d’autres voisins se joignent à la conversation. Roxanne Prud’homme habite un peu plus loin, au coin des rues Jean-Duceppe et Robert-Stewart. Ce n’est pas la garderie qui l’amène, mais les odeurs nauséabondes qui, dit-elle, pourrissent la vie de son quartier. « Il y a des jours, c’est épouvantable, lance-t-elle. Je ne peux pas ouvrir mes fenêtres. On ne peut pas manger dehors. Ça fait des années que je fais des requêtes au 3-1-1 et ça ne bouge pas. On paie des taxes. On voudrait pouvoir profiter de notre cour. »

Un autre citoyen vient s’ajouter au groupe et prend le plancher. Il rappelle l’épisode de la construction de la phase I de l’immeuble le District du Groupe Katasa, à quelques rues de là. Ceux qui étaient déjà dans le quartier à l’époque n’ont pas oublié ces mois de marteau piqueur qui creusaient dans le roc du matin au soir.

Les résident quartier du Faubourg anticipent des problèmes de circulation si une nouvelle garderie de 80 places ouvre ses portes dans leur quartier.

Trottoir manquant, sécurité des piétons ou encore l’eau jaune, chaque citoyen présent ce jour-là dans la ruelle avait une critique à formuler. Rapidement, il est devenu évident que la future garderie n’était que la dernière d’une longue série d’irritants dans le voisinage. « Oui, c’est la goutte qui fait déborder le vase, c’est ça », acquiesce M. Maisonneuve.

Mike Duggan

Les citoyens remettent au journaliste des échanges de courriels qu’ils ont eus avec le conseiller du quartier, Mike Duggan. Tous sans exception se disent insatisfaits de son travail. Ils dénoncent son attitude face à leurs doléances. Ils estiment ne pas être pris au sérieux par leur conseiller. D’autres vont plus loin en affirmant qu’il ne fait aucun effort pour minimiser les irritants et parlent même de manque de respect de la part de l’élu dans sa façon de communiquer avec les citoyens.

« Au lieu de nous éviter, M. Duggan devrait juste faire le travail pour lequel il a été élu et pour lequel il est payé, lance M. Riendeau. On lui parle de santé et de sécurité dans tout un quartier et il préfère fermer les yeux. Il nous considère comme des gens qui ne font que chialer. Il ne veut même pas nous écouter. Il devrait plutôt être là pour nous aider à trouver une solution. On sait qu’il y aura une garderie, mais est-ce qu’il peut nous accompagner avec le promoteur pour qu’on trouve des aménagements qui vont réduire les problèmes qu’on anticipe ? »