wood bridge in deep forest crossing water stream
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La forêt Boucher s’associe à l’univers de l’auteure jeunesse Élise Gravel

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Après en avoir rêvé pendant des années, et avoir fait rêver le conseil municipal au point où il a versé une somme de 785 000 $ pour sa réalisation, la Fondation de la forêt Boucher est maintenant prête à commencer l’aménagement de ce qui deviendra le deuxième plus grand parc urbain de propriété municipale à Gatineau.

La présidente de la Fondation, Marianne Strauss, a dévoilé, en comité plénier mardi, les détails des aménagements à venir dans le Parc de la forêt Boucher. C’est une véritable «forêt-école» qui commencera à prendre forme dans la prochaine année au coeur de ce boisé de 155 hectares à l’ouest de Gatineau.

En plus des sentiers aménagés, trottoirs de bois pour passer à travers les milieux écologiques plus sensibles, du mobilier urbain et de l’abri permettant de recevoir des classes nature d’écoles primaires et secondaires de partout à Gatineau, Mme Strauss réservait une surprise aux élus; l’illustratrice québécoise de renommée internationale et auteure du succès Une patate à vélo, Élise Gravel.

L'auteure Élise Gravel
Le livre d'Élise Gravel,<em> Une patate à vélo</em>

«Ça va être magique, c’est une des grandes fiertés dans ce projet, a lancé Mme Strauss. On sera le premier parc au Québec à faire ça. Les dessins et l’univers d’Élise Gravel vont devenir l’image de marque de la forêt Boucher. Ça pourra même être utilisé comme matériel pédagogique. On va lui donner les thèmes, mais ensuite ce sera totalement son style.» L’agente de Mme Gravel a précisé au Droit que l’auteure allait amorcer le travail d’illustration et d’interprétation de la forêt en janvier prochain.

D’ici 2027, le Parc de la forêt Boucher comptera 8 km de sentiers aménagés dont 1,2 km seront des trottoirs de bois. Un parcours d’initiation au vélo de montagne, une piste d’hébertisme et un chalet d’accueil viendront aussi s’ajouter sur le site. En plus du montant versé par la Ville, la fondation a pu recueillir 438 000 $ pour la réalisation des travaux.

«On veut, avec tous ces aménagements, mettre l’accent sur des activités de pédagogie en nature, explique la présidente de la Fondation. On s’inspire du mouvement des Forest Schools en Scandinavie. On pourra organiser des camps de jour en forêt, offrir des activités organisées pour les écoles, mais aussi donner accès à des infrastructures libres aménagées pour des classes en nature.»

Plusieurs élus ont souligné à quel point le Parc de la forêt Boucher viendra s’inscrire à merveille avec la volonté du conseil de faire de Gatineau «la» capitale du plein air urbain au Québec. Mme Strauss est convaincue que le projet permettra aussi de développer une expertise pour d’autres sites de plein air du genre à Gatineau. «Le parc va vraiment se démarquer par son désir de devenir un site privilégié pour la pédagogie en nature, pour organiser des activités avec les jeunes familles, pour reconnecter avec la forêt, les milieux naturels, dit-elle. On espère en faire un tout unique qui s’insère dans le tout cohérent qui fera de Gatineau, on l’espère, la capitale du plein air urbain.»

Les chiens et le stationnement

Les élus ont parfois manqué de mots pour exprimer leur enthousiasme face au plan d’aménagement du Parc de la forêt Boucher, mardi, mais ça ne les a pas empêchés de souligner deux enjeux qui devront être réglés avant longtemps dans le projet.

La conseillère d’Aylmer, Audrey Bureau et son collègue Gilles Chagnon ont rapidement vu le problème de stationnement que pourrait causer le projet dans le secteur si une solution n’est pas trouvée rapidement. L’entrée principale du parc doit être à l’angle des boulevards des Allumettières et Samuel-Eddy. Il n’y a toutefois pas de stationnement encore à cet endroit. Les citoyens utilisent présentement le petit stationnement adjacent au parc Jardins-Lavigne, déjà très achalandé. Plusieurs automobilistes préfèrent se stationner dans les rues avoisinantes qui n’ont pas du tout été conçues pour accueillir un tel flot de véhicules.

Afin que le parc ne devienne pas victime de son succès, Mme Bureau et M. Chagnon ont affirmé que le stationnement à l’entrée principale doit devenir une des priorités d’aménagement dans le projet. Mme Strauss a précisé être en discussion avec la Ville à ce sujet. «L’aménagement d’un stationnement nous semble être un service de base pour un site de plein air de cette envergure», a-t-elle affirmé. La direction de la Ville a mentionné qu’elle cherchait des sources de financement pour devancer l’aménagement du stationnement.

La forêt Boucher est aussi très prisée par les propriétaires de chiens. Le parc canin situé tout près en attire beaucoup. La fondation a indiqué vouloir réaliser un projet pilote d’un an afin de permettre aux propriétaires de chiens de pouvoir emprunter les sentiers du parc avec leur animal en laisse. La réglementation municipale l’interdit pour le moment. La Ville s’est dite ouverte à revoir sa réglementation pour permettre la tenue du projet pilote. Les changements réglementaires pourraient avoir lieu lors du conseil municipal de novembre prochain.