Après des années de discussions, de consultations et plusieurs mois de projet pilote, le conseil municipal autorise les bars du secteur à ouvrir leurs portes jusqu’à 3h du matin.
Après des années de discussions, de consultations et plusieurs mois de projet pilote, le conseil municipal autorise les bars du secteur à ouvrir leurs portes jusqu’à 3h du matin.

La fin des soirées écourtées dans le centre-ville de Gatineau

La Ville de Gatineau a officiellement tiré un trait définitif, mardi, sur trois décennies de soirées écourtées dans son centre-ville. Après des années de discussions, de consultations et plusieurs mois de projet pilote, le conseil municipal autorise les bars du secteur à ouvrir leurs portes jusqu’à 3h du matin.

La volonté du conseil municipal de mettre un terme à l’ère du règlement initié au début des années 1990 par l’ex-conseiller municipal Claude Bonhomme qui forçait les débits de boisson de fermer boutique une heure plus tôt que partout ailleurs au Québec était devenue évidente au cours des derniers mois. Seul le conseiller Marc Carrière, à la toute fin, s’y est opposé. À la demande du conseiller Tessier, un bilan des interventions policières liées aux bars sera présenté au conseil municipal en 2024.

Le débat sur l’heure d’ouverture des bars qui faisait rage dans le centre-ville depuis plusieurs années a cependant tôt fait de céder la place à un autre sujet de discorde au conseil.

La volonté de M. Tessier de présenter, mercredi, une recommandation au comité exécutif pour interdire le stationnement pour les non-résidents dans les rues contenues dans un rayon de 250 m du pôle Laval-Aubry a suscité passablement de grogne autour de la table. Ce dernier affirme vouloir agir de la sorte afin de réduire les nuisances nocturnes à la sortie des bars pour les résidents du centre-ville.

La question a fait l’objet de bien des contestations la semaine dernière, autant chez certains élus que chez les tenanciers. «Que M. Tessier propose ça au comité exécutif mercredi malgré l’opposition de nombreux collègues est un manque de respect et je l’invite à retirer cette recommandation», a insisté la conseillère Louise Boudrias.

La réponse de M. Tessier a été sans équivoque. «Il n’y a aucune chance que je change d’idée sur mon intention de présenter cette résolution, a-t-il affirmé. Je reste ouvert sur le moment où on pourrait appliquer la mesure, mais je ne reculerai pas, je veux que le comité exécutif se prononce là-dessus.»

Les questions liées à la signalisation et aux stationnements relèvent du comité exécutif. La recommandation de M. Tessier a déjà reçu une recommandation favorable de la part des services municipaux. «Dans les faits, l’interdiction ne toucherait que 52 espaces de stationnement dont une vingtaine sont déjà utilisés par des résidents, a-t-il ajouté. On ne parle donc que d’une trentaine de stationnements.»

Le conseiller Daniel Champagne s’est demandé pourquoi le conseiller Tessier tenait tant à cette mesure si elle ne touchait en réalité que quelques dizaines d’espaces de stationnement. «C’est peut-être une bonne idée de réduire le nombre de stationnements pour améliorer la quiétude des gens, mais à mon avis, avec la période difficile que les commerçants vivent présentement, ce n’est pas une bonne idée maintenant», a-t-il mentionné.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a pour sa part voulu rappeler que «le destin du centre-ville» n’allait pas se jouer sur quelques stationnements. À son avis, la mesure proposée par le président du comité exécutif sert à envoyer un message aux résidents que le conseil est à l’écoute de leurs doléances. M. Tessier doit présenter sa recommandation au comité exécutif mercredi matin.