Les conseillers ont été plusieurs à répéter, au cours des dernières semaines, que la Ville de Gatineau ne devait plus se retrouver dans une telle situation à l’avenir.

La fin des résolutions à la «Burkina Faso»

Après des mois de débats publics, de haussements de ton et de discussions de corridor, les élus gatinois doivent s’entendre, le mois prochain, sur les nouvelles règles de régie interne encadrant le dépôt de résolution au conseil municipal.

Certains élus qui étaient présents lors du dernier mandat sont demeurés quelque peu ébranlés par l’incident entourant le dépôt, séance tenante, par l’ancienne conseillère Sylvie Goneau, d’une résolution qui a bien failli propulser Gatineau dans un projet de coopération internationale au Burkina Faso sans que des évaluations préalables aient été réalisées par l’administration. Ils ont été plusieurs à répéter, au cours des dernières semaines, que la Ville de Gatineau ne devait plus se retrouver dans une telle situation à l’avenir. 

C’est ainsi qu’en vertu de la nouvelle réglementation devant être adoptée lors du conseil municipal du mois de mai, un élu qui souhaite présenter une résolution devra d’abord déposer un « avis de proposition » lors du conseil précédent. Cet avis sera ensuite soumis au comité exécutif qui mandatera l’administration de procéder à une évaluation sommaire des impacts engendrés par la résolution. Les impacts sur les finances publiques, sur les ressources humaines, sur les priorités de l’organisation et sur les différents enjeux qui pourraient en découler seront alors identifiés. 

Cette analyse sommaire sera ensuite déposée en pièce jointe à la résolution officielle lorsqu’elle sera soumise au vote. 

Selon le président du conseil municipal, Daniel Champagne, c’est une façon pour le conseil d’être plus efficace et plus rigoureux dans sa prise de décision. La conseillère Louise Boudrias a indiqué, mardi, être mal à l’aise avec la proposition du président du conseil. « C’est de l’ingérence du comité exécutif, a-t-elle lancé. Je n’embarquerai pas dans des négociations avec le comité exécutif pour être capable de déposer des résolutions. » Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a rappelé à Mme Boudrias que le dépôt de résolution au conseil n’est pas la seule façon de faire de la politique. Quant aux résolutions, le conseil a besoin d’« un processus où on s’arrête, on réfléchit et ensuite on décide », a-t-il ajouté.