Line Thiffeault est convaincue qu’elle laisse la STO entre de bonnes mains.

La DG de la STO part à la retraite

Après avoir passé 32 ans dans divers postes de gestion au sein de la Société de transport de l’Outaouais (STO), la directrice générale, Line Thiffeault, prendra sa retraite, le 31 octobre prochain.

Mme Thiffeault avait atteint les plus hautes fonctions à la STO en novembre 2013, au même moment où le transporteur public mettait en opération, dans la controverse et en pleine campagne électorale municipale, le projet Rapibus. Elle occupait alors le poste de coordination du plus grand chantier de l’histoire de la STO depuis 2011. 

La haute gestionnaire reconnaît que les dernières années n’ont pas été de tout repos à la STO. « Je ne cache pas qu’il y a eu des moments difficiles, admet-elle. Nous avons perdu beaucoup d’expertise en même temps. Des gens qui avaient 30 ou 35 ans d’expérience. Quand ces gens-là quittent et que l’organisation n’est pas prête, ça pose problème. »

Sous sa direction, la STO s’est complètement restructurée afin de pouvoir continuer à faire face à la croissance de sa clientèle. « Je suis contente de ce qui a été accompli. Aujourd’hui, il y a une très belle relève, avec de jeunes directeurs qui sont prêts à occuper de nouveaux rôles. Je vais regarder avec une grande fierté la suite des choses à la STO. J’ai cette organisation tatouée sur le cœur. »

L’un des moments marquants dans la carrière de Mme Thiffeault est bien entendu la mise en service du Rapibus. Elle reconnaît que la façon dont les choses ont tourné a été difficile à vivre pour l’organisation. « Les équipes étaient tellement dédiées à ce projet, raconte-t-elle. Notre bureau de projet travaillait 18 heures par jour. Oui, il y a eu des failles dans la planification du projet. C’était très gros et nous n’avions pas toute l’expertise. Les plus gros projets qu’on avait coordonnés avant ça c’était des stationnements incitatifs. Il faut aussi se rappeler qu’à l’époque, quand le projet a été lancé, en 2004, investir dans des infrastructures de transport en commun, au Québec, c’était presque impossible en dehors de Montréal. Ce n’était pas dans la mentalité. Mais nous l’avons fait. »

Selon elle, la réputation du Rapibus a beaucoup souffert du contexte politique dans lequel il a été mis en service. « Il aurait fallu voir les bénéfices à plus long terme d’un tel projet, explique-t-elle. C’est un système qui vient protéger le service à la clientèle pour longtemps. Il faut analyser ce projet et ses bénéfices sur un horizon de 30 ans. Aujourd’hui, on commence à voir son impact. Ce projet change la face même de la Ville de Gatineau. Il modifie la mobilité à l’intérieur de la ville. Les déplacements ne sont plus uniquement axés sur Ottawa. Ça change nos façons de magasiner, de nous divertir et de faire des affaires à Gatineau. »

Jeux de la francophonie

Parmi les autres moments forts retenus par Mme Thiffeault, il y a le 11 septembre 2001 et l’attaque au parlement, en octobre 2014. Elle se souvient à quel point tous les employés se sont serré les coudes afin de répondre à l’urgence de la situation. Elle garde aussi un très bon souvenir des Jeux de la francophonie, en 2001. Elle avait participé à l’offre globale de service de transport pendant les jeux. « On était présent au quotidien sur le terrain, rappelle-t-elle. Rassembler les délégations qui arrivaient de partout était tout un défi. Nous avons aussi été témoins de toutes sortes d’événements comme ces athlètes qui demandaient l’asile. » De fait, 155 athlètes et artistes avaient demandé l’asile au Canada pendant les Jeux de la francophonie.