La conseillère municipale d’Aylmer, Audrey Bureau
La conseillère municipale d’Aylmer, Audrey Bureau

La conseillère Audrey Bureau suspendue sans salaire

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
La conseillère municipale d’Aylmer, Audrey Bureau, est condamnée à une suspension sans salaire de cinq jours, à compter du 31 août. La Commission municipale du Québec (CMQ) a conclu que la fille de l’ex-maire Marc Bureau élue en 2017 s’est placée en situation de conflit d’intérêts en octroyant à sa mère, Christiane Gourde, des contrats pour la distribution de son bulletin de quartier.

Le manquement au Code d’éthique et de déontologie des élus municipaux de la Ville de Gatineau s’est échelonné d’avril 2018 à juin 2019. Le juge administratif de la CMQ, Thierry Usclat, s’est rangé derrière le plaidoyer de culpabilité de Mme Bureau et a accepté la sanction proposée par les avocats de Mme Bureau et de la commission. Mme Bureau sera suspendue jusqu’au 4 septembre. 

Dans une communication écrite, Mme Bureau dit vouloir «tourner la page, acceptant d’emblée son erreur, et désirant désormais se concentrer à servir les citoyens au meilleur de ses capacités». Elle précise qu’elle n’émettra aucun autre commentaire sur cette affaire. 

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Que Mme Bureau ait remboursé à la Ville les sommes versées à sa mère à partir de son budget de frais de recherche avant même le déclenchement de l’enquête de la commission, qu’elle se soit excusée aux membres du conseil et qu’elle ait déposé une lettre d’excuses publiques en mai sont des facteurs qui ont été jugés «importants» dans l’analyse du juge. «Le Tribunal note que Mme Bureau, qui n’a pas d’antécédent déontologique, n’a pas agi de mauvaise foi, a-t-il ajouté dans sa décision rendue le 13 juillet dernier. Au contraire, avant l’octroi de ces contrats à sa mère, elle a procédé à des vérifications auprès de la Ville.»

Comme Mme Bureau l’avait expliqué lorsque Le Droit a révélé, en avril dernier, qu’elle avait versé 700 $ de fonds publics à sa mère, l’élue a répété, en audience, avoir obtenu l’autorisation préalable du service du greffe pour octroyer des contrats à un membre de sa famille. La Ville de Gatineau avait alors expliqué que «les employés qui traitent ces demandes ne connaissent pas nécessairement tous les liens familiaux ou autres des élus et plus particulièrement lorsque les noms de famille sont différents». 

Dans sa lettre d’excuses déposée au conseil en mai, Mme Bureau reconnaissait que «comme élue, je suis la seule responsable à voir en tout temps au respect de ce code d’éthique et de conduite […], la fonction que nous occupons impose la plus grande rigueur dans l’application de celui-ci».