Des membres du Centre islamique de l'Outaouais seront présents lors de la séance du conseil municipal de mardi.

La communauté musulmane de Gatineau s'impatiente

Les membres du Centre islamique de l'Outaouais s'impatientent.
Près d'un mois après sa sortie publique pressant la Ville de Gatineau de prendre position au sujet de la charte de la laïcité proposée par le Parti québécois (PQ), l'organisation n'a pas encore été en mesure d'obtenir une rencontre avec le maire Maxime Pedneaud-Jobin. Le conseil municipal pourrait statuer dès la semaine prochaine, mais des élus croient que le dossier n'est pas urgent et que le suspense pourrait perdurer jusqu'après la campagne électorale provinciale.
En février dernier, le Centre islamique avait prié la Ville de sortir de son mutisme, en plus de déposer un mémoire et de lui recommander de rejeter sans délai le projet de loi 60. Malgré tout, rien n'a encore avancé, déplore le président Riadh Thlibi.
«On a donné suite à nos demandes en nous disant que le maire n'était pas disponible pour l'instant. On peut comprendre que son horaire est chargé, mais ça ne pourra pas être repoussé à l'infini. On veut le rencontrer et ça devient de plus en plus urgent que la Ville se prononce là-dessus, ça devient un enjeu de la campagne électorale», dit-il.
Selon M. Thlibi, des membres de l'organisation seront présents lors de la séance du conseil municipal de mardi, lors de laquelle la Ville pourrait annoncer ses couleurs. Vendredi encore, le maire disait qu'il soumettrait «prochainement» une prise de position aux élus.
Le conseiller du district du Lac-Beauchamp, Stéphane Lauzon, croit que rien ne presse au point de devoir prendre position dans les prochains jours.
«Je pense que c'est évident que l'on doit se prononcer là-dessus, que ce soit pendant ou après la campagne. Sauf qu'honnêtement, ce n'est pas une priorité pour moi. J'ai tellement mis d'énergie en vue du lac-à-l'épaule ces derniers temps. Avant de prendre position, j'ai des devoirs à faire. Si le PQ est réélu et revient en force avec la Charte, on se prononcera», dit-il.
Même son de cloche pour son collègue Jocelyn Blondin, du district du Manoir-des-Trembles-Val-Tétreau, pour qui il serait sage d'attendre après le 7 avril.
Le conseiller du district du Carrefour-de-l'Hôpital, Gilles Carpentier, estime plutôt que l'heure est venue de se prononcer sur ce dossier controversé. «Je ne pense pas qu'on doit attendre après les élections. C'est imminent. Sauf que je ne tiens pas à étaler davantage ma position. On aura la conversation autour de la table du conseil», dit-il.
D'autres élus invités à réagir n'avaient pas répondu aux appels du Droit au moment d'écrire ces lignes.