La présidente de la commission, Isabelle N. Miron, rappelle que les membres de sa commission sont « beaucoup sollicités comme instance de consultation » par les autres commissions municipales.

La commission jeunesse de Gatineau est «un petit diamant»

La Ville de Gatineau s’est démarquée, il y a 20 ans, en mettant sur pied la toute première commission jeunesse du Québec. Deux décennies plus tard, cette plateforme politique dédiée aux jeunes a à ce point bien vieilli qu’elle a été qualifiée de « petit diamant » par deux chercheures de l’Université d’Ottawa qui se sont penchées sur son cas pendant une centaine d’heures en 2017-2018.

« Petit diamant » parce que contrairement aux autres commissions jeunesse qui ont vu le jour ailleurs, celle de Gatineau permet aux jeunes d’avoir un véritable impact sur plusieurs dossiers politiques. « Les membres de cette commission sont en mesure d’influencer les orientations stratégiques de l’organisation, a noté Stéphanie Gaudet, directrice du Centre interdisciplinaire de recherche sur la citoyenneté et les minorités de l’Université d’Ottawa, devant le comité plénier, mardi matin. Leur rôle dépasse la stricte fonction de marketing qu’on observe souvent ailleurs. »

La présidente de la commission, Isabelle N. Miron, rappelle que les membres de sa commission sont « beaucoup sollicités comme instance de consultation » par les autres commissions municipales. Ce fut le cas récemment dans le dossier du transport actif et de la légalisation du cannabis. « Cette étude vient prouver scientifiquement que ça fonctionne, que les jeunes gatinois se sentent plus impliqués dans leur ville grâce à la commission jeunesse », a-t-elle ajouté.

Des efforts restent à faire, toutefois, pour attirer les jeunes vers la commission qui ne compte actuellement que 16 membres sur une possibilité de 24. Des efforts en ce sens sont déjà amorcés au sein des écoles et des commissions scolaires, a noté Mme Miron.

Consultation publique

Les chercheures ont aussi laissé entendre qu’au-delà de la commission jeunesse, la Ville de Gatineau aurait avantage à mieux intégrer les jeunes dans leurs nombreuses activités de consultation publique, une recommandation que partage le président du comité exécutif, Cédric Tessier.

« Les jeunes doivent avoir une place […] je pense qu’il faut leur faire une place dans toutes nos consultations qu’on fait à Gatineau », a-t-il lancé.

M. Tessier proposera, lors de l’étude du budget 2020 qui aura lieu en novembre, que le conseil réserve le financement nécessaire à la création d’un office de consultation publique. Questionné à savoir si cette structure de consultation devrait prévoir des mesures pour favoriser une meilleure participation des jeunes, le conseiller a précisé qu’il ne voulait pas mettre « la charrue devant les boeufs ». « On ne va pas commencer à écrire le mandat de l’office de consultation publique avant qu’il soit financé, on va y aller une étape à la fois », a-t-il ajouté.