Selon ce que Le Droit a appris, la CCN considérait la présence d’un 6e pont dans la planification de son plan de transport pour la région.

La CCN planifiait déjà en fonction d’un 6e pont à l’est

La rédaction d’un vaste plan qui va redéfinir l’utilisation des liaisons interprovinciales et revoir les façons de se déplacer dans la région de la capitale fédérale devait être lancée en novembre prochain, par la Commission de la capitale nationale (CCN). Le Droit a appris que le 6e pont à l’est faisait carrément partie de cette planification, comme si la décision de le construire était déjà prise.

Un appel d’offres a été lancé en septembre dernier par la CCN afin de s’adjoindre les services d’une firme professionnelle pour l’appuyer dans le développement d’un « plan stratégique intégré à long terme des liaisons interprovinciales pour la région de la capitale du Canada ». Les soumissionnaires avaient jusqu’à vendredi pour signifier leur intérêt. La CCN a cependant retiré cet appel d’offres à la toute dernière minute, dans la journée d’hier, après une intervention politique du cabinet du maire de Gatineau. Les gestionnaires responsables du dossier et les agents de communications répondaient toujours, 24 heures plus tôt, aux questions du Droit dans ce dossier.

Ce document de planification dont les actions devraient s’étendre sur une période de trente ans devait intégrer la présence du 6e lien routier entre Ottawa et Gatineau, mais aussi, il devait identifier le corridor à retenir pour un septième pont interprovincial à l’ouest. La faisabilité d’un corridor périphérique qui ceinturerait toute la région pour mieux rediriger le transport lourd et commercial allait pour sa part être sérieusement analysée, tout comme l’utilisation à privilégier du pont Prince-de-Galles.

Des mécanismes de financement potentiels devaient être précisés et une priorisation des investissements « de manière stratégique et responsable au plan fiscal » devait être présentée. Des consultations publiques devaient être organisées au printemps et à l’automne 2020. La CCN s’attendait à avoir en main une « stratégie finale » adoptée par son conseil d’administration en avril 2021.

Le tracé du 6e pont en mai

La CCN a reçu le mandat de planifier un réseau de transport intégré dans la région de la capitale nationale lors du dépôt du budget fédéral, en mars dernier. Le document d’appel d’offres de quelque 70 pages retiré mercredi renferme de nombreux détails sur les attentes du gouvernement fédéral en matière de mobilité dans la région pour les trois prochaines décennies.

Ce qui est frappant à la lecture de la section « énoncé des travaux » du document à l’intention des soumissionnaires c’était la clarté du mandat que donnait à son tour la CCN concernant le 6e pont à l’est. Il faut rappeler que dans son dernier budget, le gouvernement fédéral avait déjà annoncé ses couleurs en indiquant vouloir « répondre au besoin démontré d’un point de passage supplémentaire dans la région de la capitale nationale ». Depuis, le gouvernement Trudeau a octroyé un contrat à la firme WSP pour qu’elle rafraîchisse ses propres études de 2013 concernant le pont de l’île Kettle.

Le mandat qui devait être octroyé par la CCN dans les semaines à venir allait encore plus loin en demandant au sous-traitant de développer une planification qui allait permettre d’« assurer la mise en œuvre d’une nouvelle 6e liaison interprovinciale dans le secteur est de la région ». Cette firme devait aussi « définir et confirmer l’emplacement de la prochaine liaison interprovinciale » au plus tard en mai prochain, d’après les échéanciers qui étaient exigés.

Ce sixième pont allait donc officiellement faire partie intégrante de la planification du « réseau de liaisons interprovinciales » et de la future stratégie en transport. Une proposition de tracé devait même être soumise aussi tôt que le printemps prochain.

Un périphérique ?

La firme qu’allait retenir la CCN devait aussi planifier le retrait des camions lourds qui transitent par les centres-villes d’Ottawa et Gatineau et qui ont un impact majeur sur la congestion routière. Une des façons d’y arriver aurait pu venir de l’aménagement d’un corridor périphérique.

C’est dans ce contexte que la CCN demandait d’« examiner la faisabilité d’aménager une route ceinturant les zones urbaines de Gatineau et d’Ottawa, dans le but d’assurer la circulation sécuritaire et efficace des biens et des personnes dans l’ensemble de la région de la capitale, tout en réduisant la congestion routière et en offrant des itinéraires efficaces de circulation des véhicules commerciaux ».

C’est la première fois qu’une telle avenue devait officiellement être analysée par le gouvernement fédéral.