Jouer légalement dans la rue d’ici l’automne à Gatineau

Après plusieurs mois de discussions, et à se surprendre de la complexité de l’opération, la commission Gatineau, ville en santé s’est entendu, jeudi, sur une recommandation qui légalisera le jeu libre dans la rue. Si le conseil municipal donne son aval au projet, plus tard ce printemps, la Ville de Gatineau deviendrait la première grande ville à aller de l’avant dans le domaine.

« Peut-être qu’on sera un porte-étendard, lance la présidente de la commission, Renée Amyot. Beaucoup de villes y ont pensé, mais ont décidé d’attendre un peu devant la complexité d’un tel projet. Nous, on se lance. »

50 rues à choisir

Le projet pilote sera lancé d’ici l’automne. La Ville de Gatineau commencera par identifier quatre secteurs où un ensemble de rues correspond aux exigences réglementaires pour le jeu dans la rue. Cela servira de tremplin pour vendre l’idée à la population qui sera ensuite invitée à interpeller la Ville pour que leur rue devienne aussi en endroit où jouer dans la rue sera permis. La commission souhaite ainsi qu’une cinquantaine de rues viennent s’ajouter aux quatre secteurs qui auront déjà été identifiés. 

« On souhaite que l’approche par secteur soit en place pour l’été, indique Mme Amyot. Nos services devront voir comment accélérer les choses pour ça. Quant à la cinquantaine de rues, elles devront être analysées à la pièce et cette partie du projet pilote sera en place en septembre. » La Ville se donnera ensuite un an pour évaluer le projet et ses impacts, et voir si le jeu dans la rue peut être étendu plus largement sur le territoire, là où les rues le permettent. 

Les rues où il sera possible de jouer légalement seront de 40 km/h, elles devront avoir un caractère local, sans circuit de transport en commun, pas devant un parc ou une école. Les demandes pourront venir d’association, de maison des jeunes et de citoyens. Mme Amyot espère que le projet suscitera un intérêt directement chez les enfants. 

Mme Amyot n’a pas caché qu’en venir à une recommandation sur le jeu dans la rue a été difficile. La complexité des règles du ministère des Transports du Québec et du Code de la sécurité routière a représenté un important défi pour la commission. « Mais, nous voulons faire la promotion de saines habitudes de vie et jouer dans la rue est actuellement interdit, dit-elle. On ne peut pas faire la promotion de quelque chose d’interdit. On veut amener les enfants à bouger plus. »