Comme plusieurs grandes villes à travers le monde, la Ville de Gatineau doit accueillir, d’ici deux ans, un premier centre de consommation supervisée afin de donner aux toxicomanes et utilisateurs de drogues injectables un lieu sécuritaire et encadré pour consommer.
Comme plusieurs grandes villes à travers le monde, la Ville de Gatineau doit accueillir, d’ici deux ans, un premier centre de consommation supervisée afin de donner aux toxicomanes et utilisateurs de drogues injectables un lieu sécuritaire et encadré pour consommer.

Itinérance: se droguer en sécurité dans le centre-ville

Comme plusieurs grandes villes à travers le monde, la Ville de Gatineau doit accueillir, d’ici deux ans, un premier centre de consommation supervisée afin de donner aux toxicomanes et utilisateurs de drogues injectables un lieu sécuritaire et encadré pour consommer.

Le Bureau régional d’action SIDA (BRAS) planche sur ce projet — le plus important de son histoire — depuis plus de trois ans avec la Direction de la santé publique de l’Outaouais. Le dossier est très avancé. «On espère pouvoir l’ouvrir en 2022», précise la directrice adjointe du BRAS, Annie Castonguay. 

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Des services incomplets et décousus

Les deux mains dans la «médiation sociale»

Le projet évalué à 4 millions $ sera construit à l’angle des rues Eddy et Garneau, en plein centre-ville. Un peu à l’image de l’immeuble de la Soupe populaire, il comprendra 25 unités de logement destinées à une clientèle vulnérable. L’immeuble abritera évidemment le centre de consommation supervisée, mais aussi les bureaux du BRAS. 

«Les retombées dans les communautés qui ont un tel centre sont immenses, insiste la présidente de la commission Gatineau, ville en santé, Renée Amyot. Les gens consomment de façon sécuritaire. Ils ne sont pas dans la rue. Il y a moins de seringues ou de matériel d’inhalation qui traînent dans les parcs. Les personnes sont encadrées et soutenues. Il y a beaucoup de retombées.» 


« Gérer ce genre de chose, c’est aussi faciliter la vie dans un quartier. C’est reconnaître que le citoyen itinérant existe. »
Maxime Pedneaud-Jobin

Buanderie

D’autres projets plus modestes, mais tout aussi concrets doivent voir le jour d’ici trois ans. La Ville veut élaborer des partenariats afin de rendre plus facilement disponible aux itinérants des endroits pour se doucher, aller aux toilettes et entreposer des effets personnels. Un projet de buanderie et un centre de dégrisement ont aussi été identifiés par la Ville. 

«Gérer ce genre de chose, c’est aussi faciliter la vie dans un quartier, insiste M. Pedneaud-Jobin. C’est reconnaître que le citoyen itinérant existe. On a un certain nombre de responsabilités envers lui, mais lui aussi en face de la communauté qui l’accueille.»

Renée Amyot reconnaît qu’il faudra aussi prendre en considération les besoins de la communauté qui accueille ces services. «C’est dans des cas comme ceux-là que notre projet de médiation sociale prendra toute son importance», dit-elle.