Des gens sans domicile fixe ont installé des tentes derrière le Gîte Ami.
Des gens sans domicile fixe ont installé des tentes derrière le Gîte Ami.

Itinérance: Gatineau précisera son action cette semaine

Les élus de Gatineau seront bientôt amenés à se prononcer sur les actions municipales à mettre de l’avant pour lutter contre l’itinérance, ainsi que sur le financement qu’ils entendent accorder à cette mission.

La Commission Gatineau, ville en santé présentera, jeudi prochain, son cadre de référence en itinérance et le plan d’action qui s’y rattache. Les travaux pour en arriver là se sont étirés sur 18 mois et étaient prévus dans la politique de développement sociale de la Ville adoptée en 2010. «Ça permettra de clarifier les rôles et responsabilités de la Ville de Gatineau en matière d’itinérance, de définir les paramètres de notre intervention sur le territoire et de structurer et formaliser nos collaborations internes et externes avec l’ensemble des partenaires, a indiqué la présidente de la commission, Renée Amyot. Nos partenaires pourront bien comprendre ce à quoi la Ville s’engage.»

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Les détails du plan ne seront connus que la semaine prochaine. Gatineau est loin d’être la seule à devoir agir face à l’itinérance. Son action pourrait cependant, sans s’y limiter, se concentrer sur la question du logement, la gestion de l’espace public et la cohésion sociale.

Le conseil municipal devra par la suite adopter le plan d’action et déterminer l’ampleur du financement qui s’y rattachera. Les décisions financières pourraient être confirmées lors de l’étude du budget 2021, en novembre prochain.

L'aréna Robert-Guertin sert de refuge pour les sans-abris.

Le problème s’aggrave

Le phénomène de l’itinérance est loin d’être nouveau à Gatineau, mais il s’est aggravé au cours des dernières années, à la suite des inondations et de la tornade, et plus particulièrement depuis le début de la pandémie de COVID-19, a indiqué Mme Amyot, cette semaine, lors du conseil municipal. Les règles de distanciation ont forcé des organismes, dont le Gîte ami, à réduire considérablement leur capacité d’accueil. Les bibliothèques publiques, souvent prisées par les itinérants en quête d’un peu de chaleur ou d’un endroit pour tout simplement se reposer et lire tranquillement sont aussi fermées.

Malgré la transformation de l’aréna Guertin en centre d’hébergement d’urgence pour les itinérants, Mme Amyot a déploré le retour des tentes dans le centre-ville, notamment aux abords du ruisseau de la Brasserie.

Un premier campement a été démantelé le 28 mai. La Ville de Gatineau a dû répéter l’opération jeudi matin.

«Il y a eu des tentatives pour tolérer un certain nombre de tentes par le passé, mais malheureusement, force est de constater que ç’a été un échec chaque fois, a-t-elle affirmé. L’approche d’autorégulation n’a pas fonctionné. Il y a un non-respect du code de vie que les gens tentent de se donner sur place. Il y a des enjeux de sécurité pour les campeurs, de la criminalité, des comportements qui peuvent être violents, de l’intimidation, des agressions, bref il y a eu des problèmes récurrents qui sont revenus à chaque tentative.»

Mme Amyot a rappelé qu’il est du devoir de la Ville de s’ assurer de la sécurité des personnes dans l’espace public, «tant pour les personnes du voisinage que pour les hommes et les femmes plus vulnérables qui étaient dans le camping et qui ne pouvaient pas se défendre», a-t-elle ajouté.